Quatre frères brûlés vifs : Que s’est-il passé à Ghardaïa ?

Une véritable tragédie a secoué la paisible ville de Ghardaïa, mercredi après-midi, quand, dans le quartier d’Oued Nachou, les corps de quatre frères, de la famille K., âgés de 4, 5 et 11 ans -dont des jumeaux- ont été retrouvés carbonisés dans une fosse septique asséchée, après leur disparition.
Il est environ 15 heures lorsque le calme ambiant est brisé par des cris d’effroi d’enfants, aussi violents qu’inquiétants. Les habitants du quartier, alertés, se dirigent vers l’origine des hurlements. La découverte est insoutenable : dans une fosse abandonnée, les corps des quatre frères gisent. «On pensait à une dispute entre enfants mais les cris étaient différents. Puis on a senti cette odeur …», raconte un voisin encore sous le choc. Rapidement, les habitants avertissent les autorités.
Sur place, les gendarmes et le procureur de la République découvrent la scène. Selon les premières constatations, les enfants auraient été aspergés d’un liquide inflammable, probablement de l’essence, avant d’être brûlés vifs.
Quelques heures avant le drame, certains enfants du quartier avaient signalé une odeur étrange provenant de la fosse, sans imaginer l’horreur qui s’y jouait.
Les corps des victimes ont été transportés à l’hôpital Trichine Brahim pour autopsie, tandis que les enquêteurs, épaulés par des experts en criminalistique, se concentrent sur la reconstitution des faits. Tout semble pointer vers un acte prémédité.
Un suspect a déjà été interpellé et placé en garde à vue. Il s’agirait du propre père de la fratrie qui serait passé à l’acte pour se venger de la mère de ses enfants qui avait demandé le divorce. Pour le moment, et en absence de communiqué officiel du parquet, les informations obtenues restent à confirmer.
Le procureur, qui s’est rendu sur les lieux, a promis que «tous les moyens nécessaires» seraient déployés pour faire la lumière sur ce crime d’une rare cruauté.
A Ghardaïa, la population est en état de sidération. Devant la morgue où reposent les corps des enfants, une foule s’est rassemblée, cherchant à comprendre l’inconcevable. Les quatre frères, désormais surnommés les «martyrs d’Oued Nachou», symbolisent une innocence brisée, une douleur collective.
Si les soupçons se resserrent autour de certains protagonistes, une vérité demeure insaisissable : celle des motivations derrière cet acte monstrueux. L’enquête devra répondre à ces questions mais pour Ghardaïa, la douleur, elle, est immédiate.
Dans ce quartier où résonnaient encore les rires d’enfants, un silence lourd s’est installé. Une seule attente subsiste : que justice soit rendue.
O.A Nadir
