Fonds détournés: La France accusée d’entrave

Lors de la réunion du Conseil des ministres présidée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a annoncé que l’Algérie allait récupérer plus de 110 millions de dollars de fonds détournés et gelés auprès de la Confédération suisse. Cette restitution fait suite à l’envoi de 33 commissions rogatoires, dont 20 ont été acceptées et 4 définitivement traitées.
Le président Tebboune a salué, à ce propos, la coopération de la Suisse et de l’Espagne dans ce dossier, tout en soulignant le contraste avec la France, qui n’a donné aucune suite aux 61 commissions rogatoires adressées par la justice algérienne. Cette attitude est perçue comme une entrave systématique aux efforts de l’Algérie pour récupérer ses biens et traduire en justice les responsables de la décennie de corruption.
Cette critique s’inscrit dans la continuité des anciennes déclarations des dirigeants algériens. Déjà en 2020, Tebboune avait affirmé que la récupération des fonds détournés constituait une priorité nationale et qu’aucun obstacle ne devait empêcher l’Algérie de faire valoir ses droits. En 2021, il avait dénoncé publiquement le manque de coopération de certains pays européens, en particulier la France, dans l’exécution des demandes d’extradition et de coopération judiciaire. L’exemple le plus emblématique reste celui de l’ancien ministre de l’Industrie, Abdeslam Bouchouareb, condamné en Algérie mais jamais extradé par Paris malgré les demandes officielles.
T. Feriel

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