Impliqué dans la mort d’un Algérien : Des Syriens condamnés à 5 et 15 ans de réclusion

Ce lundi, 11 mis en cause ont été jugés par le Tribunal criminel de première instance de la Cour d’Oran. Parmi les prévenus, huit ressortissants Kurdes syriens poursuivis pour homicide volontaire avec préméditation et complicité alors que les trois accusés algériens ont été jugés pour non assistance à personne en danger et non dénonciation de crime.

Un procès qui a duré plus de quatre heures et qui a abouti à la condamnation de D.M., le principal accusé, à 15 ans de réclusion alors que ses compatriotes ont écopé de cinq années de réclusion. Par ailleurs, les mis en cause algériens ont été acquittés. Notons que le représentant du ministère public, qualifiant ces faits de très graves, a requis contre les huit ressortissants étrangers la peine capitale et cinq ans contre les Algériens
Rappelons que cette affaire s’est produite au quartier de Akid Lotfi, le 18 août 2018, lorsque les éléments de la police ont été informés de la présence d’une personne, blessée au ventre, gisant au niveau de la rue Belmahi Mohamed. En se déplaçant sur les lieux, les policiers ont constaté la mort de l’homme dont le corps a été déposé au service de médecine légale de l’EHU 1er Novembre pour autopsie.
L’identité du mort a été établie puisqu’il s’agit du dénommé H. Lotfi alors qu’un couteau de marque Opinel a été retrouvé non loin de la scène du crime. Selon les premiers éléments de l’enquête, le décès de Lotfi est survenu suite à une violente altercation entre deux groupes de gens, opposant des ressortissants kurdes syriens à des Algériens. Les enquêteurs ont été également informés de la présence de D. Abdelhak qui a été gravement blessé lors de cette bataille rangée. Selon les investigations policières, les deux hommes s’étaient déplacés vers ce quartier à l’Est d’Oran pour finaliser un voyage clandestin avec des ressortissants étrangers qui devaient se déplacer à bord d’une Hyundai Picanto. Le même jour, un blessé grave a été admis aux urgences de l’EHU d’Oran. Ce denier, D. Mouslim, ressortissant kurde syrien, présentait des graves lésions au niveau des mains. Il expliqua aux policiers chargés de l’interroger qu’il s’était blessé avec un couteau chez lui alors qu’il découpait de la viande. L’enquête a aussi déterminé que plusieurs ressortissants kurdes syriens logeaient au niveau d’un appartement sis au quartier des 90 logements, à Akid Lotfi.
Entendu de nouveau, Mouslim est revenu sur ses premières déclarations, expliquant qu’il était présent lors de la bagarre du 18 août. Il a raconté que des jeunes hommes, armés de gourdins et d’armes blanches s’étaient affrontés et que c’est un certain Abou Hamid qui avait poignardé la victime.
Cités à la barre, les mis en cause, venus de Syrie pour partir en Europe, nient les accusations d’homicide expliquant qu’une grande bagarre les avait opposé aux Algériens censés les aider pour embarquer vers l’Espagne. Ils affirment que c’est le dénommé Abou Hamid, qui se trouve en fuite, qui a poignardé la victime. Dans ses déclarations, D. Mouslim explique que la cause de la bagarre était l’importante somme dépensée par les 17 Syriens kurdes, candidat à l’émigration clandestine. Il ajoute que chacun d’entre eux a versé l’équivalent de 160 millions de centimes à un de leur compatriote, un certain Cheikh Ahmed Yassir qui devaient organiser ce voyage.
Un argent qui avait été remis à l’Algérien D. Abdelhak, présumé organisateur de la traversée, au même titre que la victime, à partir d’une plage de la Corniche oranaise. Interrogé, ce dernier réfute le témoignage de D.M, jurant que toutes ces déclarations sont fausses. « J’ai assisté à la mort de mon ami, impuissant car moi-même j’ai été gravement blessé », répond-il à la Cour.
Au cours de ces mêmes débats, on apprend que ces ressortissants syriens sont entrés en Algérie, à travers la Libye avant de se diriger vers Oran. Un des mis en cause a déclaré lors de l’audience qu’il était entré à Oran la veille de ce drame. De leurs côtés, les avocats de la défense plaident l’innocence de leurs mandants, expliquant que le mobile n’est pas présent. « Comment condamner un accusé à la prison à vie si aucune preuve tangible de sa culpabilité existe ? Une bagarre a éclaté entre deux groupes et mort d’homme, il y a eu ».
Zemmouri.L

Bouton retour en haut de la page