Ce que j’en pense: Un mot ne remplacera jamais du pain

Par Moncef Wafi

Une amie m’a exhorté à reprendre la chronique pour qu’on n’arrête pas de parler de ce qui se passe à Ghaza, la plaie béante sur le flanc meurtri de l’humanité. Ma réponse épidermique s’est concentrée sur la raison d’écrire de nouveau alors que rien n’a changé. Les mots ne protègent pas des bombes et les verbes ne remplaceront jamais un crouton de pain, rassis fut-il.
Le dilemme est grand, mais il n’aura aucunement la prétention de prétendre à un iota de l’inimaginable douleur des Palestiniens qui continuent à compter les linceuls et à espérer un hypothétique sursaut de la conscience arabe. Plus de cinq mois d’un génocide à ciel ouvert, en léger différé en mondovision, Ghaza s’effrite au gré des bombardements aveugles des avions sionistes. En mécènes, les Américains, les Anglais, les Allemands, les Français ; en gros, les bienfaiteurs de l’humanité. En groupies, les roitelets arabes du Maroc aux Emirats en passant par les impies de Médine et les schizophrènes jordaniens et qataris. En spectateurs ennuyés, le reste du monde, complice passif de meurtre avec préméditation.
Depuis le 7 octobre, rien n’a changé dans le paysage morbide des massacres des enfants et des femmes. La Résistance, elle, a chamboulé les certitudes, envoyant un message fort sur la prétendue invincibilité de l’armée la plus immorale au monde. Le message n’est jamais parvenu aux oreilles sales et poilues des Arabes qui préfèrent envoyer du caviar à Tel-Aviv qu’un casse-croute de karantika aux Palestiniens affamés de derrière le poste de Rafah.
Si je reprends cette chronique aujourd’hui, c’est pour dire que demain risque d’être plus sanglant ; comme si cela pouvait être pire ; avec l’intention des assassins sionistes de donner l’assaut sur Rafah. Entendre par assaut, les bombardements des populations civiles désarmées, chassées du Sud vers le Nord. Et pour ceux qui pensent que les sionistes n’oseront pas exterminer plus d’un million de Palestiniens coincés devant la porte fermée de Sissi, ils n’ont qu’à revoir leur table de multiplication.
Face au silence assourdissant du reste du monde, hormis le bruit sourd des roquettes houthies sur les territoires occupés, l’entité innommable ne reculera devant aucune limite pour massacrer et chasser les derniers habitants de Ghaza en attendant de vider la Cisjordanie. Après, les nouveaux envahisseurs s’en iront s’occuper allègrement de ce qui reste de la Syrie, du Liban, de la Jordanie, de l’Egypte, de l’Irak et de l’Arabie Saoudite parce que dans ces pays là, les seuls tunnels creusés servent à enterrer leurs morts.

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