Lutte antiacridienne: Le spectre de 2004

L’Algérie a mis en place une stratégie nationale solide pour contrer la menace du criquet pèlerin qui pèse sur les cultures agricoles et la sécurité alimentaire du pays. C’est ce qu’a révélé le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Hamid Bensaâd, lors de son passage dans l’émission « L’invité du matin » sur la Radio nationale. Il a affirmé que des mesures proactives ont été adoptées sur instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Pour faire face à cette menace environnementale, l’Algérie a déployé une stratégie de lutte à plusieurs niveaux. Des comités nationaux et locaux ont été activés, et une coordination régionale a été mise en place avec des pays voisins comme la Libye, le Niger et le Mali afin de surveiller les déplacements des essaims de criquets et de prévenir leur infiltration en territoire algérien.
Sur le terrain, des équipes spécialisées ont été mobilisées, équipées de matériel de pointe pour assurer une intervention rapide et efficace. L’Algérie a également misé sur la lutte aérienne, en utilisant des hélicoptères dotés de systèmes de pulvérisation avancés pour cibler les zones difficiles d’accès.
« Le président Tebboune a insisté sur la nécessité de renforcer les opérations de surveillance et de réaction rapide afin de maintenir la situation sous contrôle, » a précisé l’intervenant.
Les efforts déployés commencent déjà à porter leurs fruits. Selon le secrétaire général du ministère, plus de 50 000 hectares de terres agricoles infestées par le criquet ont été traités avec succès. De plus, huit hélicoptères équipés de systèmes de pulvérisation modernes sont opérationnels pour intervenir rapidement dans les zones reculées.
Par ailleurs, une réunion de coordination est prévue dans la wilaya de Ouargla avec la participation de 23 wilayas du sud concernées par cette menace. Des représentants de ministères stratégiques tels que ceux de la Défense nationale, de l’Intérieur, de l’Énergie et des Transports prendront part à cette rencontre pour assurer une réponse multisectorielle coordonnée.

L’épisode de 2004

Bensaâd a également mis en garde contre le rôle du changement climatique dans la prolifération du criquet pèlerin. Les vents du sud, plus fréquents et plus intenses, facilitent le déplacement des essaims vers le nord du pays. Cependant, il a assuré que la situation reste sous contrôle grâce à la réactivité des autorités. Il a également souligné que la lutte contre le criquet ne se limite pas à une simple éradication lors des invasions. Elle passe par une surveillance continue et une étude approfondie des facteurs environnementaux influençant la reproduction et la migration des criquets. Des équipes de recherche spécialisées sont mobilisées pour analyser ces phénomènes et anticiper les futures vagues.
Il a aussi insisté sur l’importance de la vigilance des agriculteurs et de la sensibilisation communautaire dans la lutte contre le criquet. Des campagnes de sensibilisation ont été lancées pour aider les agriculteurs à détecter rapidement les signes de présence de criquets et à réagir efficacement. A ce propos, le ministère a fourni des insecticides et des matériels de protection aux agriculteurs dans les zones les plus vulnérables. « La lutte contre le criquet est une responsabilité partagée entre l’État et les citoyens, » a-t-il affirmé.
Bensaâd a rappelé que l’Algérie possède une longue expérience dans la gestion des invasions de criquets. L’épisode de 2004, marqué par une forte invasion, a permis au pays de mettre en place des mécanismes de réponse efficaces. Rappelons que cette année, plusieurs pays ont également été touchés par ces invasions comme la Tunisie, le Maroc, le Sénégal, le Mali et à un degré moindre l’Egypte. Cependant, il a reconnu que la situation actuelle est différente en raison des changements climatiques et de l’expansion des surfaces agricoles dans le sud du pays.
« Le succès de cette stratégie repose sur une réponse rapide, une coopération régionale et une surveillance permanente, » a-t-il conclu.
T. Feriel

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