Leur non-inscription numérique met en péril leurs droits: Les parents d’enfants trisomiques interpellent Belabed

Les parents d’enfants trisomiques de la wilaya d’Oran interpellent le ministre de l’Éducation nationale pour que leurs enfants scolarisés bénéficient de l’inclusion numérique, similaire à tous les autres élèves. Ils ont souligné que l’absence d’enregistrement de leurs enfants sur la plateforme numérique du ministère de l’Éducation nationale les prive de leurs droits en tant qu’élèves scolarisés.
Lors d’une journée d’études intitulée « L’adolescence chez l’enfant trisomique », organisée ce mardi après-midi au cinéma Es-saada (ex Colisée), par l’Association de wilaya pour l’Insertion scolaire et professionnelle des Enfants trisomiques (AWIT-ORAN), en collaboration avec l’Office national de la Culture et de l’Information (ONCI), les parents des enfants atteints de trisomie 21 ont lancé un appel urgent aux autorités nationales, notamment aux ministres de l’Éducation nationale, de la Solidarité et de la Santé, pour prendre des mesures urgentes afin de résoudre les nombreux problèmes rencontrés dans le parcours scolaire de leurs enfants. Ils ont expliqué que cette catégorie d’enfants ne bénéficie pas des mêmes droits que les autres élèves, notamment en matière de soins médicaux, de vaccination dans les unités de santé scolaire (USD) et de cantines scolaires, car ils ne sont pas enregistrés sur la plateforme numérique du ministère de l’Éducation. Cette situation a un impact considérable sur les parents et les enfants.
Lors de cette rencontre consacrée au sujet délicat de l’adolescence chez l’enfant trisomique, les participants, qu’ils soient parents ou professionnels de la santé et de l’éducation, notamment des psychologues, des éducatrices et des accompagnatrices, ont abordé ouvertement tous les défis auxquels sont confrontés les enfants ainsi que leurs parents. Ces derniers ont exposé les difficultés rencontrées dans leur vie quotidienne, abordant sans complexe ni tabou les problèmes rencontrés.
Les conseils et les explications dispensés par les spécialistes, parmi lesquels le Dr Nasreddine Raïs, psychologue clinicien spécialiste de la famille venu de Montpellier en France, ont été très appréciés. Le Dr Raïs a partagé avec les parents, ainsi qu’avec les jeunes éducatrices, accompagnatrices et psychologues, des méthodes spécifiques à suivre, en leur fournissant les techniques et les outils pédagogiques nécessaires pour accompagner au mieux les enfants trisomiques dans leur développement.
Affirmant sa disponibilité à soutenir toute initiative en faveur des enfants ayant des besoins spécifiques, il a appelé les autorités nationales et locales à unir leurs efforts afin d’élaborer une stratégie et un plan d’action inclusifs, impliquant tous les acteurs professionnels et de la société civile, pour une prise en charge multidisciplinaire de cette catégorie d’enfants.
Insertion professionnelle de trois jeunes trisomiques, une première nationale
Il est à noter que l’AWIT-ORAN prend en charge plus de 230 enfants atteints de trisomie 21, âgés de 2 ans et plus jusqu’à 18 ans, selon les déclarations de la présidente, Mme Linda Mekahli. Pour les enfants âgés de 2 à 6 ans, une prise en charge est assurée sur le plan psychologique et orthophonique afin de les préparer à la phase de scolarisation. Par la suite, l’association s’occupe de l’intégration de ces enfants dans des écoles primaires relevant du secteur de l’Éducation nationale. La présidente a également précisé que l’association dispose de 15 classes spéciales dans la wilaya d’Oran, réparties dans 8 écoles, dont 2 à Arzew. De plus, l’association gère une classe pour les enfants de plus de 18 ans.
En outre, l’AWIT-ORAN accompagne ces enfants tout au long de leur parcours scolaire, de 6 à 18 ans. Ils suivent le programme scolaire national, mais à leur propre rythme, comme l’a souligné la présidente, expliquant que les enfants trisomiques passent deux années scolaires au même niveau. À l’âge de 18 ans, parfois un peu avant selon les capacités de chaque enfant, ils sont orientés vers la formation professionnelle. L’association a ouvert une classe spéciale pour cette catégorie à son siège, situé à la cité HLM de Gambetta, et les enfants fréquentent également les centres de formation professionnelle deux jours par semaine. Ils y reçoivent une formation dans divers domaines tels que la cuisine, la pâtisserie, la confection de gâteaux traditionnels, la préparation de pizzas, le jardinage, et autres.
Actuellement, 24 jeunes âgés de plus de 18 ans suivent une formation, tandis que trois ont déjà terminé leur formation et sont actifs. Grâce à une collaboration avec la Direction de l’Action sociale et de la Solidarité (DASS) et la fonction publique, trois enfants ont été inscrits à l’Agence nationale de l’Emploi (ANEM) et ont été recrutés. L’un d’eux travaille au centre des non-voyants d’Aïn Turck, le deuxième au niveau de la ville d’Oran, et la troisième, une jeune fille, travaille dans la cantine d’une école primaire. Ces enfants ont initialement accédé à ces postes de travail grâce au dispositif de l’ANEM, et sont désormais employés de manière permanente. Il s’agit là d’une première au niveau national.
Il convient de rappeler que cette association existe depuis 2007 en tant que section de l’Association nationale pour l’Insertion des Enfants Trisomiques (ANIT), et est devenue une association de wilaya en 2012, selon les précisions de Mme Mekahli. L’Association compte 35 salariés, à savoir 15 psychologues, 15 éducatrices, des orthophonistes en plus des membres du bureau qui sont des bénévoles.
B. Bakhta
