Ce que j’en pense: Rafah, mon amour

Par Moncef Wafi

Rafah, la Stalingrad d’Adolphe Netanyahu. Le cimetière des blindés du nouveaux Reich et la tombe de l’armée la plus immorale au monde.
Rafah, le dernier rempart contre une nouvelle Nakba, la dernière si cela se trouve, parce que derrière, il n’y aura que le désert et des ombres sales qui se trémoussent aux déhanchements des catins arabes.
Rafah, c’est le début et la fin. Le commencement et l’apocalypse. La victoire ou la mort.
Rafah, c’est le résumé d’un délitement qui a pour racines la chute de Grenade, le 2 janvier 1492, et le retour du Borgne.
Rafah, c’est notre combat ou notre capitulation. Notre renaissance ou notre anéantissement. Notre honneur ou notre éternelle servitude.
Rafah, c’est se regarder dans un miroir pour ne pas regretter son existence. C’est sourire à son linceul parce que, pour autres vêtements, il n’y a qu’un pyjama rayé accroché au cintre.
Rafah, c’est la promesse d’une nouvelle aube ou un nouveau bail avec les ténèbres.
Rafah, c’est le point de non-retour. C’est l’impasse de l’humanité, un cul-de-sac de l’histoire parce que demain, il n’y aura que la mer et les plaines qui raconteront la dernière charge des Héros.
Abandonnés de tous, menacés d’extermination et livrés à leur seul courage et résilience, les Ghazaouis n’ont d’autres alternatives qu’un baroud d’honneur, fut-il le dernier, pour quitter cette terre abreuvée de leur sang béni et souillée par les larmes hypocrites d’un monde bipolaire. Alors, dos au mur de Sissi, ils ont le choix des armes parce que de reddition à la Boabdil, il n’en est pas question pour ces gens qui ont usé la marche-arrière jusqu’à ce qu’elle ne réponde plus.
Aux portes d’un véritable massacre à grande échelle, ils doivent sauver les enfants, les envoyer de l’autre côté du mur ; chaque dix enfants accompagnés d’une femme parce qu’eux, ce sont l’avenir, la Résistance de demain. Parce qu’un enfant ne doit pas mourir sous les bombes et que le monde arabe, même dans sa lâcheté la plus crasse, ne peut refuser de sauver des enfants.
Le reste de la population doit s’armer, une kalach, une grenade, une fronde au besoin, mais chaque habitant de Ghaza, qui a décidé de rester, volontairement ou parce qu’il ne peut pas faire autrement, doit se battre et résister jusqu’à l’ultime souffle, quand l’Ange de la Mort les prendra par la main. Hommes et femmes, jeunes et âgé-e-s, en ordre de marche, tapi-e-s dans les ruines car mourir pour mourir, autant inviter les assassins sionistes à faire un bout de chemin avec votre cadavre. Ce qui s’en suivra appartiendra à l’Histoire. Le reste finira dans les poubelles de la petite histoire de l’inutile humanité.
Rafah, c’est tout cela et tellement d’autres carrefours fatals pour l’avenir de l’humanité, qu’il serait presque indécent de les résumer dans une chronique bavarde et stérile.

Bouton retour en haut de la page