Déraillement d’un train sur la ligne Oran-Béchar: L’urgence du désensablement des voies ferrées

Le déraillement du train assurant les liaisons Oran-Béchar dans la soirée de samedi à dimanche derniers, suite à l’ensablement des voies ferrées n’a heureusement fait aucune victime. Si le drame a été évité de justesse, ce déraillement ravive le débat sur la nécessité de mettre en œuvre des solutions urgentes contre le phénomène récurrent de l’ensablement des voies ferrées.
Après le déraillement du train, les cheminots de la société nationale des transports ferroviaires (SNTF) ont travaillé d’arrache-pied pour désensabler la voie. Cette desserte ferroviaire reliant Oran et Béchar, sur une distance de 673 km, est souvent affectée par des perturbations du trafic en raison notamment de l’ensablement récurrent des chemins de fer.
La dernière interruption de la liaison en date, a été générée, récemment, par l’ensablement de la voie conduisant à l’immobilisation du train de marchandises près de Béni Ounif à 110 km de Béchar. Depuis septembre 2018, cette ligne est desservie par un train rapide, assurée par le Corradia. Mais cette desserte est souvent interrompue. Les suspensions de trafic sont fréquentes et durent plusieurs mois pour cause d’ensablement des voies entre les wilayas de Naâma et Sidi-Bel-Abbès. Les reprises interviennent après des travaux de dessablage d’une grande partie de cette ligne bloquée par les vents violents et des tempêtes de sable qui empêchent la circulation sur cette voie ferroviaire au niveau des régions de Redjem Demouche (Sidi Bel-Abbes), Naâma et Mechria.
Besoin de renforcer ses moyens de désensablement
Selon M. Rahmani, ancien cadre de la SNTF à la retraite, que nous avons interrogé, «les solutions devant être mises en œuvre pour lutter contre l’ensablement des voies ferrées, reposent sur la multiplication des opérations de désensablement et d’entretien sur l’ensemble du réseau ferroviaire, ainsi que la réalisation d’opérations de boisement tout au long des lignes concernées». Pour cet ancien cheminot, «les solutions visant à lutter contre l’ensablement des voies ferrées dans les régions désertiques doivent s’appuyer sur trois piliers. Le premier levier se décline par des techniques de fixation des dunes en utilisant des palissades végétales, brise-vent et boisement pour stabiliser les dunes de sable». «La deuxième solution est le compactage à sec des remblais. Enfin, la troisième solution est l’élaboration d’un plan de protection global basé sur la mise en place de techniques écologiques pour limiter le mouvement des dunes», poursuit M. Rahmani. Pour ce dernier, «ces approches visent à réduire les coûts d’entretien et à assurer la durabilité des infrastructures ferroviaires dans les environnements désertiques».
G. Salima
