Journée nationale de la ville: La compétitivité en débat

A l’occasion de la Journée nationale de la ville, qui coïncide avec le 20 février de chaque année, une journée d’étude placée sous le thème « Qualité de vie et compétitivité de la ville, quelle réalité et perspectives pour les villes algériennes ? » a été organisée, hier, à l’hôtel « Royal » par le Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (CRASC) et la société BELUX. Cet événement a vu la participation de plusieurs chercheurs et spécialistes qui ont débattu sur ce nouveau concept de compétitivité des villes algériennes.
« Cette journée d’étude sera axée sur la réflexion de comment renouveler la ville algérienne, notamment les villes de l’intérieur et du Sud, qui souffrent de la marginalisation, d’une mauvaise planification et d’une expansion urbaine incontrôlée et de la diminution des espaces verts ou de leur absence, parallèlement à l’accroissement du taux du chômage, de la pauvreté, de la délinquance et d’autres fléaux qui ont transformé les villes en points de tension et de pression, au lieu d’être des espaces urbains qui stimulent le développement durable », indique le CRASC dans l’argumentaire de cet événement.
En parallèle, une convention scientifique a été signée entre le CRASC et BELUX. Un représentant de l’entreprise leader dans le domaine de l’éclairage et du mobilier lumière, a salué le rôle du Centre notamment lors de la crise sanitaire du Covid-19. « Le CRASC aussi bien que BELUX, ont pu vivre chacun dans son environnement, des périodes avec leurs incidences aussi bien sociales qu’économiques. Assez particulières pour ne pas dire douloureuses, celles-ci vécues respectivement dans nos institutions, avec nos collaborateurs, parmi nos familles, ont révélé des attitudes parfois contradictoires et parfois salutaires. Des analyses du CRASC sur les situations extrêmement critiques, souvent anachroniques, ont révélé que notre population, comme à son habitude, grâce à sa résilience légendaire et à son intelligentsia, a su réagir à ces épiphénomènes en prenant des attitudes sociales, culturelles, économiques, qui aujourd’hui nous amènent à redéfinir, mais surtout revaloriser plusieurs composantes de nos pratiques sociales, souvent enfouies, et identifier des objectifs économiques », analyse notre interlocuteur.
Pour l’architecte Benlabiod Mourad, de Constantine, le sujet de cette rencontre est très important pour ne pas oublier la dimension de la ville.
Repenser la ville
« Peut-être qu’il est temps de repenser la ville. Maintenant, parler de la ville avec ses spécificités, et nous avons eu, dans un passé récent, des épreuves qui nous ont ouvert un petit peu les yeux pour revoir nos espaces urbains pour pouvoir les utiliser d’une manière plus rationnelle. Il est vrai que les mesures à prendre sont multiformes et multidimensionnelles. On ne peut pas s’arrêter à un critère. Les critères sont sociologiques, d’abord, économiques, culturels, pour ne citer que ces trois points, et avec tout ce que cela peut engendrer comme réflexion. Donc, ce qui nous a le plus interpellés dans le cadre de cette journée, c’est ce qui s’est passé depuis 2019. Les gens ont appris et ont été obligés de faire de la distanciation. Donc, ça veut dire qu’ils avaient besoin d’un peu plus d’espace, et cet espace n’existait par moments pas. Donc, on s’est dit qu’on devait revoir cet espace plus fixe, le redéfinir, l’améliorer, le meubler, etc. » précise -t-il.
Par ailleurs, Hamza Bachiri, Chercheur permanent et chef de division villes et territoires au CRASC, nous a affirmé que cette journée d’étude est une occasion pour mettre en place une coopération entre un établissement de recherche étatique et une entreprise privée. « Cette rencontre est une plate forme qui représente une ouverture sur les thématiques de la ville algérienne qui enregistre plusieurs changements et une véritable dynamique qui influe sur la vie du citoyen ».
A propos de la compétitivité des villes algériennes, Messaoudene Maha de l’École Polytechnique d’Architecture et d’Urbanisme EPAU a présenté une communication sur le thème « la ville algérienne face au défis de la compétitivité ». Elle a expliqué que « Face à la mondialisation, la concurrence entre les villes est de plus en plus forte. Les villes sont engagées dans une dynamique de course pour atteindre les standards internationaux, améliorer leur attractivité et la qualité de leur cadre de vie. Une ville compétitive s’identifie par rapport à sa capacité à attirer le plus d’habitants, le plus d’investisseurs, le plus de touristes, le plus d’entreprises. Alors à l’échelle mondiale, se sont développés plusieurs palmarès pour mesurer l’attractivité, la qualité et la compétitivité des villes. Les premiers Ranking Cities sont apparus dans les années 1970 en France et se sont étendus par la suite à d’autres études internationales menées régulièrement par des cabinets de conseil et des organismes internationaux de classement, tels que le Forum économique mondial, Heritage Foundation, Mercer ou encore la Banque mondiale » précise-t-elle en donnant des exemples ou malheureusement les villes algériennes sont mal classées dans ces classements qui se basent sur un certain nombre de critères dont notamment le pouvoir d’achat et la qualité de vie.
Hamza B.
