Pêche et aquaculture à l’horizon 2030: Une feuille de route prometteuse

Le ministre de la Pêche et des Productions halieutiques, Ahmed Badani, a révélé, ce lundi, les détails de la stratégie de son département visant à transformer le secteur de la pêche en Algérie. Cette déclaration a été faite lors d’une rencontre de haut niveau qui a réuni des cadres centraux du ministère, illustrant l’engagement ferme du gouvernement à propulser le secteur de la pêche et de l’aquaculture vers de nouveaux horizons.

M. Badani a souligné que cette nouvelle stratégie repose sur des données concrètes et des chiffres précis, créant ainsi les bases pour une réalisation optimale des objectifs fixés. Cette feuille de route vise à apporter des changements significatifs dans le domaine de la pêche en Algérie, avec des implications majeures pour l’aquaculture, la pêche en haute mer, la construction navale, la formation professionnelle et bien plus encore.
L’un des piliers essentiels de cette stratégie est le développement de l’aquaculture, tant marine que continentale. L’Algérie entend ainsi cultiver son immense potentiel inexploité dans ce domaine pour augmenter de manière significative la production de produits de la mer, tout en garantissant la durabilité de cette croissance.
Une attention particulière est également accordée à la pêche en haute mer, avec pour objectif l’exploration de nouvelles zones de pêche. Cette expansion devrait non seulement renforcer la production nationale, mais également positionner l’Algérie comme un acteur majeur sur les marchés internationaux.
La stratégie englobe également le renforcement des capacités nationales en matière de construction et de réparation navale, ce qui favorisera le développement d’une flotte de pêche moderne et compétitive.
A ce propos, il a souligné que l’Algérie accorde une importance majeure à cette industrie, ce qui se traduit par la construction de trois grands navires de pêche de 35 mètres et le lancement de la fabrication de neuf autres grands navires destinés à la pêche en haute mer. « Récemment, un opérateur privé algérien a exporté deux navires de pêche fabriqués localement vers la Mauritanie, ouvrant ainsi la porte à de nouvelles opportunités pour les opérateurs algériens sur le marché africain, en particulier dans la région du Centre-ouest de l’Afrique », a indiqué le même responsable.
Le ministre a aussi insisté sur l’importance du soutien et de la formation des professionnels de la pêche et de l’aquaculture, garantissant ainsi que les acteurs de l’industrie soient bien équipés pour prospérer dans un environnement en constante évolution.
Cette stratégie d’envergure vise également à renforcer les exportations de produits de la pêche et de l’aquaculture vers les pays africains, avec un objectif ambitieux de plus de 35 millions de dollars d’ici la fin de 2023. Les produits phares qui seront exportés comprennent le thon rouge, les crustacés, les mollusques céphalopodes, et d’autres espèces de poisson.

20.000 tonnes de produits transformés

Le ministre a dévoilé une vision audacieuse pour son secteur, en mettant également l’accent sur le potentiel d’exportation vers les pays africains et l’importance de renforcer l’industrie de transformation des produits halieutiques dans le pays.
A ce sujet, M. Badani a souligné que le secteur de la pêche renfermait un « très grand potentiel d’exportation vers les pays africains, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continental africain (Zlecaf) ». Cette donnée reflète la volonté de l’Algérie de devenir un acteur clé sur le marché africain en exportant ses produits de la mer.
L’Algérie compte actuellement 23 unités de transformation qui produisent annuellement près de 20 000 tonnes de produits transformés, principalement axés sur le thon et la sardine. « Des initiatives visant à explorer les opportunités d’exportation de ces produits vers les pays africains sont actuellement en cours d’étude, en particulier avec l’ouverture de deux banques algériennes en Mauritanie et au Sénégal », a précisé le ministre.
La stratégie de développement de la pêche en Algérie comprend également un accent sur l’industrie aquacole. Le ministre Badani a souligné que des espèces comme le Tilapia sont très demandées par les pays d’Afrique de l’Ouest, tels que la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Congo et le Nigéria. La pisciculture marine devrait également jouer un rôle clé dans l’objectif de positionner l’Algérie en tant que principal fournisseur de ces entrants en Afrique d’ici 2030. Le pays prévoit de mettre en place plusieurs unités de fabrication d’aliments pour le poisson d’élevage et des écloseries, notamment pour la daurade et le loup de mer.
Le ministre Badani a souligné que la coopération avec les pays africains dans le domaine de la pêche et de l’aquaculture revêt une importance capitale. Au cours des dernières années, le département de la Pêche en Algérie a renforcé sa coopération avec les pays africains, passant de six accords signés à 14 accords, dont huit sont actuellement en cours de négociation. Un protocole d’accord signé avec la Mauritanie en septembre 2022 vise à exploiter sept licences de pêche en haute mer, avec un tonnage de plus de 31 000 tonnes.
De plus, l’Algérie et la Tunisie ont convenu de créer un « centre d’excellence » en économie maritime, qui contribuera à renforcer la base de connaissances collectives et à améliorer la gestion des ressources marines en Afrique. Cette initiative souligne l’engagement de l’Algérie envers une coopération régionale plus étroite dans le secteur de la pêche, renforçant ainsi sa position sur la scène africaine.
B. Bakhta

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