Groupement d’intérêts économiques : Les hôteliers s’organisent

Les hôteliers comptent, dans les mois à venir, se regrouper dans un groupement d’intérêts économiques, selon Hemamda Abdellatif, délégué de la Fédération nationale de l’hôtellerie et du tourisme à Alger et membre de la Commission nationale du tourisme
en plein air.
Il s’agit, selon notre interlocuteur, d’un nouveau pas qui sera franchi pour la promotion du tourisme en Algérie et valoriser la destination Algérie. « Il va y avoir un groupement d’intérêts économiques entre nous, les véritables investisseurs dans ce domaine. Une Fédération est habituellement lucrative et on est là, pas pour dire voilà les problèmes, ce n’est pas notre rôle. Notre rôle, si on est partenaire de l’État, c’est de proposer les solutions pour développer le tourisme. La force des hôteliers n’est pas de se regarder et rester chacun de son côté. La force des hôteliers c’est de se focaliser sur l’intérêt commun de faire du business d’une manière légale et économique », a-t-il indiqué en marge du Salon international du tourisme, des voyages et du transport qui se tient au Centre de convention d’Oran.
M. Hemamda a aussi appelé à la création des tour-operators. « Le tourisme n’a pas évolué en Algérie, mais tant mieux pour nous. La raison est que nous n’avons pas bétonné nos côtes comme c’est le cas de pays développés. Quand vous prenez les associations comme Nice-Côte d’Azur, aujourd’hui, ils regrettent d’avoir bétonné la côte. Nous, on a des côtes vierges sur plus de 1600 km, pleines de forêts et de plages », a-t-il ajouté.
Hemamda Abdellatif a rappelé l’important potentiel touristique en Algérie, en affirmant que le tourisme n’est pas de passer la nuit à l’hôtel, mais de réaliser des circuits touristiques qui attirent les visiteurs et les touristes vers ces hôtels. « L’Algérie, c’est quatre saisons en une journée. C’est quatre saisons dans tout son continent. Il y a un potentiel naturel extraordinaire. Malheureusement, les compétences sont absentes. Il faut former les gens. Et le circuit c’est quoi ? C’est quatre jours, une semaine, 15 jours. Le tourisme dans son envergure, un tourisme de montagne, un tourisme de Sahara, un tourisme balnéaire, un tourisme thérapeutique », a expliqué notre interlocuteur.
Plusieurs opportunités dans le tourisme se profilent à l’horizon en Algérie et le secteur peut être une source d’importants revenus hors hydrocarbures. Hemamda Abdellatif a donné plusieurs exemples dans ce sens. « On est à Oran, je peux parler d’un confrère qui est là, qui a fait le premier port. Vous savez qu’on a 1.623 km de côte. Vous savez qu’il y a un déficit de 65.000 postes à quai pour les bateaux en Europe. Cela peut représenter des ressources hors hydrocarbures qu’il faut mettre en valeur. On peut parler aussi de campings, on n’a pas de camping en Algérie. Mais en Europe, c’est une expansion économique de 37%. Le coronavirus a fait en sorte que les gens ne veulent plus partir dans des buildings. Ils veulent être dans la nature. Chacun son chalet et ils sont libres », estime l’expert.
A propos du tourisme plein air en Algérie, M. Hemamda a salué le rôle des jeunes qui sont actifs dans plusieurs wilayas. « Quand vous voyez les jeunes aujourd’hui qui sont magnifiques autour d’un bivouac et le partage sur les réseaux sociaux en faisant des photos de différentes régions, c’est ça le tourisme plein air. Mais on ne le valorise pas. Le valoriser le rend professionnel, lui donner son caractère professionnel et le cadre juridique légal pour qu’il puisse se développer. Un hôtelier peut réaliser un hôtel au Sud, mais avec des conditions à respecter, c’est ce qu’on appelle le zéro béton, a-t-il conclu.
Hamza. B
