Féminicide à Arzew : Trois ans de prison ferme en appel

Le tribunal criminel d’appel de la Cour d’Oran a condamné, mercredi dernier, A. Larbi à trois ans de prison ferme pour homicide volontaire avec préméditation. Il avait écopé de dix ans de réclusion lors de son premier procès.
Il s’agit d’un féminicide qui s’était déroulé dans la ville d’Arzew. Le 28 octobre 2021, le frère de la victime, Ch.F., s’était présenté aux services de police pour signaler l’admission de cette dernière aux soins intensifs de l’hôpital d’El Mohgoun après avoir été tabassée par son mari, Larbi.
A l’hôpital, les policiers n’ont pas pu interroger la victime, gravement blessée. Malheureusement, Ch.F., a rendu l’âme le soir même. Son fils, mineur, interrogé sur le quotidien de ses parents, a affirmé aux enquêteurs que son père battait sa mère à tout bout de champs. Il a précisé que le 24 octobre, il l’avait frappé avec une barre de fer qu’il tenait en main. Trois jours plus tard, il était allé plus loin dans la violence. Son épouse a été évacuée par la Protection civile que sa sœur avait contactée. Le jeune garçon a expliqué que malgré le cancer dont souffrait sa mère, son père continuait à la violenter à tout moment. Selon les éléments de l’enquête, la victime avait, deux jours avant sa mort, déposé plainte contre son époux. Dans sa plainte au parquet d’Arzew, elle avait expliqué qu’elle se trouvait en danger de mort après que son mari l’ait menacé plus d’une fois. Elle a indiqué que ce dernier consomme des psychotropes avec des boissons alcoolisées. Un mélange qui le rendait fou, la violentant malgré sa maladie lourde et même après qu’elle eut subit une ablation de son sein gauche. Elle a également dénoncé son attitude vis-à-vis de son fils âgé de 6 ans qu’il suivait à l’école pour le perturber.
Arrêté, le mis en cause a nié toutes les accusations retenues contre lui, ajoutant que sa femme souffrait d’un cancer du sein depuis quatre années. Une situation qu’il n’a pas supportée, la délaissant pour aller vivre chez sa mère.
Cité à la barre, il a de nouveau réfuté les faits, expliquant qu’il n’avait jamais violenté sa femme et que, depuis sa maladie, il l’avait toujours soutenue et la prenait en charge. Pour son déménagement chez ses parents, il a expliqué que c’était sur la demande de sa femme. A. Larbi a également évoqué sa maladie psychique, affirmant qu’il souffre de psychose depuis son jeune âge et qu’il se trouve toujours sous traitement. Une maladie sur laquelle sa défense a basé sa plaidoirie, expliquant que son mandant n’est pas maître de ses facultés mentales. Le représentant du ministère public, qui a requis la perpétuité contre l’accusé, a qualifié ces faits de très graves insistant sur le témoignage de l’enfant. Il a précisé que l’usage de drogues ou d’alcool aggrave ces symptômes, ce qui était le cas chez le prévenu.
Zemmouri. L
