Lutte contre la drogue en Algérie : La police alerte sur une guerre silencieuse

L’Algérie fait face à une véritable guerre non déclarée visant directement sa jeunesse à travers le trafic de drogues, a averti le commissaire Zineddine Arroune, de la Direction de la police judiciaire. Invité de la chaîne 1 de la Radio nationale, dans le cadre d’une émission spéciale sur la lutte contre les stupéfiants, le responsable a dénoncé une menace persistante qui touche à la fois les fondements sociaux et la ressource humaine du pays.
D’après le bilan présenté, plus de 130 000 affaires liées à la drogue ont été traitées en 2024, impliquant près de 143 000 individus. Les saisies effectuées au cours de l’année illustrent une nette aggravation du phénomène, à savoir 5,7 tonnes de cannabis résineux (kif traité), environ 378 kg de cocaïne, 1,4 kg d’héroïne et plus de 14 millions de comprimés de psychotropes. Des chiffres en forte hausse par rapport à l’année précédente, traduisant la virulence du trafic à l’échelle nationale.
Le commissaire Arroune a expliqué que la stratégie de la Sûreté nationale repose sur deux axes : la répression des réseaux de trafic, depuis les zones frontalières jusqu’aux centres urbains, et la prévention, par la sensibilisation de la société aux dangers de la drogue. Il a souligné l’importance d’impliquer tous les acteurs sociaux, en particulier la famille et l’école, dans la protection des jeunes. Il a mis en garde contre « le vide spirituel et intellectuel » qui pousse certains vers la consommation, appelant à renforcer le rôle éducatif et moral des encadreurs sociaux et religieux.
Par ailleurs, le commissaire a salué la coordination étroite entre les différentes forces de sécurité, avec l’Armée nationale populaire en première ligne pour surveiller les frontières, appuyée par les forces de police et de gendarmerie à l’intérieur du territoire. Il a également mis en avant les efforts de spécialisation et de formation au sein de la police nationale, notamment par la création d’unités spécialisées dans la lutte contre le trafic de drogue, la criminalité organisée et la cybercriminalité.
« Face à un phénomène aussi complexe, la lutte contre la drogue ne peut réussir sans l’implication collective », a conclu Zinedine Araoune, appelant à la mobilisation des familles, du système éducatif, des institutions sécuritaires et de la société civile.
Ch.G
