Cessez-le-feu à Ghaza, Mali, Niger…: Les explications du chef de la diplomatie algérienne

Le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ahmed Attaf, a annoncé mardi l’examen, dès mercredi, des mécanismes à même de permettre à l’ONU de suivre la mise en œuvre de ce qui a été décidé au Conseil de sécurité, à l’initiative de l’Algérie qui a dirigé le groupe des dix membres élus (E10), en faveur d’un cessez-le-feu immédiat, durable et inconditionnel à Ghaza.
S’exprimant lors d’une conférence de presse au siège du ministère, M. Attaf a précisé que des réunions seront organisées, dès mercredi, pour « proposer des formules et des mécanismes à même de permettre à l’ONU de suivre la mise en œuvre de ce qui a été décidé au Conseil de sécurité et notamment de veiller à ce que l’occupation israélienne respecte les obligations et engagements qui lui incombent et se conforme aux mesures et décisions prises par la Communauté internationale ».
Dans cette perspective, M. Attaf a expliqué que « les prochaines étapes seront axées essentiellement sur le suivi de la mise en œuvre de cette résolution et les efforts pour une cessation immédiate de l’agression israélienne contre la bande de Ghaza, ainsi que sur la garantie de l’acheminement inconditionnel et sans restrictions des aides humanitaires destinées au peuple palestinien ».
Et de souligner que « sur la base de ces acquis, à leur tête la résolution adoptée, hier, par le Conseil de sécurité, l’Algérie poursuivra ses efforts dans ce cadre conformément aux priorités définies précisément et clairement par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune ».
« L’adoption de cette résolution est un succès, car il s’agit de la première résolution du Conseil de sécurité à la teneur claire et expresse, à savoir un cessez-le-feu immédiat, durable et inconditionnel dans la bande de Ghaza », a soutenu le ministre des Affaires étrangères, ajoutant que l’adoption de cette résolution « constitue un acquis important pour la cause palestinienne, de par sa teneur, mais aussi du point de vue procédural, car il s’agit de la première résolution présentée par les membres élus conjointement et de manière unifiée dans l’histoire des Nations Unies ».
Il a indiqué qu’il n’aurait pas été possible «sans l’implication et le dévouement des États membres du Groupe des Dix, en particulier la République du Mozambique en tant que coordinatrice du groupe».
D’un autre côté et dans le cadre du renforcement de la perspective politique pour résoudre la question palestinienne, «l’adhésion pleine et entière de l’État de Palestine à l’ONU est aujourd’hui posée avec force et urgence comme la voie optimale qui consolidera la solution des deux États, face au déni et au rejet de cette solution par l’occupation israélienne et les colonies», a-t-il souligné, rappelant que «ce sont là les priorités et les objectifs pour lesquels l’Algérie continuera à plaider et à travailler au sein du Conseil de sécurité».
Un plan à six points
Et ce, a précisé le ministre, «selon l’approche solide définie par le président de la République qui insiste sur le maintien de la souveraineté et des choix de l’Algérie, la fidélité de l’Algérie à sa doctrine diplomatique qui fait de la défense des causes justes une pierre angulaire fondamentale, sans dévier de sa constance face aux changements et aux circonstances passagères, l’ambition de l’Algérie d’être une force de proposition et d’initiative au sein du Conseil de sécurité ».
Attaf a exposé un plan d’action ambitieux de six points visant à raviver le processus de paix au Moyen-Orient et à garantir une solution juste et durable à cette question, soulignant l’importance de la légitimité internationale comme pierre angulaire de ces efforts. Il s’agit de «promouvoir la légitimité internationale en tant que principe et comme base pour raviver le processus de paix au Moyen-Orient et parvenir à une solution juste, durable et définitive à la question palestinienne», a précisé le chef de la diplomatie algérienne.
Il est question de «mettre l’accent sur la nécessité de l’établissement de l’État palestinien indépendant et souverain sur les frontières de 1967 avec Al Qods comme capitale.» Attaf a également insisté sur «l’importance de maintenir la pression sur Israël pour qu’il respecte la légitimité internationale et pour rendre compte de ses actions conformément aux mesures et décisions de la communauté internationale». Il a souligné, aussi, l’urgence de «l’adhésion complète de l’État de Palestine à l’Organisation des Nations unies» et a plaidé en faveur de «la réconciliation nationale et de la réunification palestinienne pour revitaliser le projet national palestinien».
Sur le plan spécifique de la situation à Ghaza, Attaf a présenté une série de priorités cruciales. «Premièrement, travailler à activer un cessez-le-feu immédiat, permanent et sans conditions dans la bande de Ghaza. Deuxièmement, fournir la protection nécessaire au peuple palestinien, conformément aux chartes et aux résolutions internationales pertinentes», a-t-il détaillé. Le ministre a également mis en lumière l’importance de surmonter les obstacles à l’aide humanitaire pour les Palestiniens à Ghaza et de s’opposer aux déplacements forcés de ces populations. Il a exprimé, dès lors, «le soutien de l’Algérie aux poursuites contre l’occupation israélienne devant les instances judiciaires internationales», appelant à «la résistance contre la fragmentation du traitement de l’agression israélienne contre Ghaza».
Le dossier des expropriations des biens de l’Etat au Maroc clôt
A propos d’une question sur l’accord de paix au Mali ainsi que sur l’éventuelle médiation algérienne au Niger, il a répondu que «le Mali avait entrepris des démarches supplémentaires pour faciliter la réconciliation nationale dans le cadre du dialogue inter-malien» tout en soulignant que «l’accord d’Alger demeure l’accord optimal pour la souveraineté du Mali, car il réunit toutes les parties concernées». Pour lui, «le contenu de cette démarche ne réunit pas toutes les parties prenantes. Il s’agit davantage d’un dialogue sélectif que d’un dialogue inclusif».
Cette approche, a-t-il ajouté, «ne sert pas les intérêts nationaux maliens et pourrait conduire à des divisions au Mali, voire à une guerre civile». «Nous insistons sur la nécessité de maintenir la stabilité du Mali», a-t-il renchéri. Il a ensuite abordé la situation au Niger, indiquant que «l’Algérie avait proposé une médiation similaire à celle qui a été engagée au Mali».
Il a noté que «la situation actuelle était instable en raison de multiples interventions étrangères dans la région, ce qui complique la recherche de solutions futures, notamment en matière de sécurité et de stabilité au Sahel qui font partie de notre extension et de notre stabilité». C’est pourquoi, a assuré le ministre, «nous ne pouvons pas abandonner nos responsabilités».
Concernant l’affaire de l’expropriation des biens de l’État algérien au Maroc, Attaf a expliqué que «ces actions étaient destinées à remporter de petites victoires politiques, mais que le véritable enjeu demeure le dossier du Sahara occidental, qui est toujours à l’ordre du jour de l’ONU». Il a insisté sur le fait que «ce dossier n’est pas clos, contrairement à ce que prétendent certains, car il reste inscrit à l’agenda de l’ONU et figure au Conseil de sécurité». Il a, également, annoncé que «ce sujet serait discuté au Conseil de sécurité le mois prochain».
En outre, le ministre a abordé «le rôle de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental», soulignant que «cette mission demeure active dans la région». Concernant les expropriations et les atteintes aux propriétés privées algériennes au Maroc, le ministre a déclaré que «l’Algérie avait réagi et le Maroc a pris des mesures que nous jugeons appropriées, ce qui clôt le dossier».
Synthèse R.N
