Santé mentale, climat et décisions de justice : Les trois chantiers de l’UGTA

Le Secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Amar Takjout, a annoncé, hier, la tenue, avant la fin de l’année en cours, de trois conférences nationales. La première sera dédiée à la santé mentale au travail, la deuxième traitera du climat et la numérisation alors que la dernière conférence abordera les droits des travailleurs et les décisions de justice qui ne s’appliquent pas.
Lors de son passage au Forum de la chaîne 3 de la Radio algérienne, le chef de file de la Centrale syndicale a indiqué que ces rencontres verront la participation des magistrats, des représentants de syndicats, des chefs d’entreprises, du ministère du Travail et tous les acteurs concernées par les questions des droits des travailleurs en Algérie.
A propos du premier thème, M. Takjout a indiqué que « les décisions de justice en faveur des travailleurs doivent être appliquées, car cela pose un sérieux problème. Si on ne reconnait pas l’arbitrage de la justice, cela remet en cause la colonne vertébrale de l’Etat ».
Partant de ce constat, M. Takjout a affirmé que « l’UGTA aurait aimé qu’il y ait des mécanismes intermédiaires avant de recourir à la justice », citant le Conseil national du travail qui, selon lui, « pourrait jouer un rôle d’arbitrage avec les entreprises».
Abordant la Journée international du travail, il a indiqué que « cette journée est aussi celle des entreprises, comme c’est une journée de revendications. Il se trouve qu’il y a beaucoup de décisions qui ont été prises lors des Conseils des ministres, au profit des entreprises et de l’agriculture, mais aussi des travailleurs, à l’image des augmentations de salaires assez conséquentes et qui avoisinent les 47 % et qui vont se poursuivre cette année ainsi que la revalorisation des retraites ». Il a souligné, en outre, que « ce qui intéresse l’UGTA, c’est comment atténuer le problème de l’inflation. Ensuite, il faut communiquer intensément et expliquer aux salariés et aux retraités que l’Etat a besoin d’un délai de rigueur et d’un répit pour pouvoir décider telle ou telle augmentation, notamment pour éviter les mécontentements».
« La relance a besoin de temps et d’accompagnement »
Pour M. Takjout, « il était temps de booster les entreprises pour aller vers une autosuffisance et exporter les excédents pour générer de la richesse », déplorant que « les augmentations salariales sont vite rattrapées par l’inflation ».
Prônant la régulation du marché pour juguler la hausse des prix, M. Takjout a souligné qu’« il faudra le mécanisme qu’il faut pour ne pas affecter le niveau de vie des citoyens. La relance est là, certes, mais il faudra expliquer aux citoyens que cette relance a besoin de temps et d’accompagnement».
Sur un autre plan, M. Takjout regrette que les travailleurs ne soient pas encore syndiqués ou organisés en organisations légales mais, qui selon lui, « continuent de solliciter l’UGTA pour intervenir en leur faveur alors qu’ils ne nous reconnaissent pas. Pire, ils nous invectivent ! Idem pour les chefs d’entreprises qui ne reconnaissent pas les syndicats et qui sollicitent l’UGTA pour solutionner leurs problèmes. Encore une fois, je suis là pour discuter, dialoguer et faire de la pédagogie s’il le faut, car nous sommes dans une République où le droit du syndicat est consacré».
« Le travailleurs n’a pas besoins uniquement de salaire. Il a besoin d’un environnement de travail sain, sans harcèlement et sans pressions inutiles et contreproductives», a développé M. Takjout, révélant que l’UGTA a dédié un département pour la santé mentale et développera tous ces sujets lors de la prochaine conférence académique.
« L’UGTA est en train de préparer un travail dans ce sens et nous avons même lancé une enquête en ligne pour savoir comment les choses évoluent dans les entreprises », a encore révélé le patron de la Centrale syndicale, soulignant que « le travailleur algérien est aussi concerné par la transition climatique qui touche le monde entier, car elle est synonyme de pertes et de créations d’emplois ».
Abordant les erreurs dans l’acte de gestion, l’invité du Forum de la Radio algérienne a estimé qu’« il fallait dépénaliser l’acte de gestion quand il s’agit d’un acte qui relève du quotidien d’un travailleur et/ou d’un cadre. On ne peut pas ne pas commettre indéfiniment d’erreur dans la gestion de tous les jours. Qui ne peut ne pas se tromper. Il faut mesurer cette erreur ».
En revanche, juge-t-il, « quand il s’agit d’un acte prémédité, il faudra agir. Là aussi, il faudra appendre à comptabiliser les erreurs de gestion, car il y en aura tout le temps, selon les degrés. Après, dépénaliser un acte de gestion ne relève pas d’un tabou. Il faut relancer la pédagogie économique. Tout est codifié».
