Migration clandestine: Trois ans de prison pour les passeurs
Le tribunal criminel d’Oran a récemment condamné trois personnes à cinq ans de prison pour préparation de voyages clandestins.
Les faits remontent au 13 octobre 2023, lorsqu’à la suite d’informations transmises aux Gardes-côtes concernant des personnes préparant des voyages clandestins, Ch. M. Anis et H. Samir, ont été interceptés à bord d’une embarcation semi-rigide. Deux jours plus tard, le troisième prévenu, M. Salah, a été arrêté dans le cadre de la même affaire.
Dans sa déposition, Ch. M. Anis a déclaré qu’au cours de l’année 2021, il avait rencontré un certain B.K., organisateur de voyages clandestins vers l’Espagne, qui lui avait proposé de collaborer avec lui. Pour ce faire, il lui avait remis une embarcation semi-rigide équipée d’un moteur de 240 chevaux. Le prévenu a accepté le marché et a commencé à transporter des jeunes désireux de quitter le pays clandestinement. Lors d’une de ces traversées, alors qu’il se trouvait avec 13 « harragas », le moteur de l’embarcation est tombé en panne et il a été arrêté. Le même prévenu a également déclaré connaître un ressortissant marocain, K. Mourad, actuellement détenu dans une prison en Espagne, spécialisé dans les voyages clandestins et le trafic de psychotropes en provenance d’Espagne. Selon lui, ce Marocain l’a contacté pour lui remettre une embarcation rigide avec un moteur de 150 chevaux et 100.000 comprimés psychotropes. Le prévenu a de nouveau accepté, reçu le bateau et la valise contenant les comprimés, puis a pris le départ des côtes d’Almería vers celles de Kristel, à Oran, où M. Salah l’attendait. Il lui a remis les psychotropes et a embarqué 19 clandestins, recevant en échange la somme de 60 millions de centimes. Il est resté en contact avec M. Salah via l’application WhatsApp.
Ch. M. Anis a ajouté avoir été contacté une seconde fois par K. Mourad pour un marché similaire : transporter 60.000 comprimés psychotropes contre 500 millions de centimes et se rendre en France pour ramener H. Samir. Il a accepté, mais en cours de transport, il s’est retrouvé en manque de carburant. Il a contacté le Marocain, qui lui a indiqué qu’il prendrait en charge la situation et a envoyé H. Samir pour récupérer les psychotropes et les téléphones. Le prévenu est resté sur place jusqu’à l’arrivée des Gardes-côtes.
Entendu à son tour, H. Samir a déclaré être de nationalité marocaine et reconnu avoir participé au trafic de stupéfiants avec K. Mourad.
A la barre cependant, Ch. M. Anis a reconnu uniquement la préparation de voyages clandestins. H. Samir, lui, a expliqué qu’il avait décidé de rentrer en Algérie après avoir eu des problèmes avec son employeur en France. Quant au troisième accusé, M. Salah, il a nié l’ensemble des accusations retenues contre lui.
Zemmouri L.