Ce que j’en pense: J’y suis, j’y reste !

La France montre de nouveau ses muscles, bombe le torse et repousse d’une chiquenaude hautaine la demande de Niamey de rapatrier son Excellence l’ambassadeur. « Non et non », a répondu la diplomatie française, applaudie à tout rompre par le locataire de l’Elysée. « On est dans notre bon droit de cracher sur ceux qui veulent prendre leur indépendance et chasser nos soldats de notre réservoir d’uranium » a expliqué Macron Le Juste. Pour la faire plus simple, c’est un « j’y suis, j’y reste, que vous le vouliez ou pas, ce n’est pas mon problème », déclare Paris à la face des putschistes pour reprendre la terminologie officielle. Un remake de l’Eventail si ça se trouve pour prétexter un crime de lèse-majesté et reprendre l’ancienne colonie. La France estime qu’elle a de son côté la légitimité internationale, celle que lui confère la force militaire et l’exploitation des richesses de l’Afrique. Ce cynisme occidental, qui juge à l’aune des intérêts économiques et des alliances de circonstance, reste le premier fossoyeur des démocraties naissantes, sniper des tentatives de décolonisation et bourreau des hommes d’Etat intègres. Il suffit que Washington, Paris, Bruxelles ou Londres vous désignent du doigt, parce que vous avez osé lever vos yeux d’esclave sur vos maîtres, que le monde s’embrase. Que l’Otan se mobilise et qu’on vous bombarde dans votre lit ou qu’on vous sorte des sanitaires, le short aux chevilles.
Ce qui se passe au Niger, s’est déjà passé au Tchad, en Côte d’ivoire, au Panama, au Chili, au Brésil et ailleurs là où l’odeur des anciens et nouveaux colons n’est pas en sainteté. Le message est clair comme l’eau de source de Hammam Bouhjar ; froid comme le regard de Poutine ; assassin comme la poignée de main d’un marchand turc. Il est l’essence même de la colonisation directe ou par procuration, plongeant les populations autochtones dans la misère et en les maintenant dans le sous-développement. Aimé Césaire l’avait bien dit : « Le malheur de l’Afrique est d’avoir rencontré la France ». Moi, je dirai que le malheur de l’Afrique, des Amériques et de l’Asie est d’avoir rencontré l’homme blanc, l’occidental, l’esclavagiste, brandissant la croix et faisant claquer le fouet. Depuis, les banques ont remplacé les églises et le fouet a changé de main. Il n’est plus tenu par le maître blanc mais par celui dont la couleur de la peau se confond avec celle de la victime.

>> Par Moncef Wafi

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