Trafic de drogue : Un baron condamné à la perpétuité
Après appel, le procès de H. Oussama, baron du kif qui s’est évadé de la prison d’El Harrach en 2017, s’est tenu cette semaine par visioconférence au tribunal d’appel d’Oran. Le prévenu, actuellement incarcéré à la maison d’arrêt d’El Koléa, n’a pas été transféré à Oran pour des raisons de sécurité. À l’issue des délibérations, il a été condamné à la perpétuité.
Selon l’arrêt de renvoi, l’affaire a éclaté suite à des informations reçues le 17 août 2014 par la gendarmerie de Relizane, faisant état d’un important trafic de kif traité, en provenance des frontières de l’Ouest vers Alger, puis à destination de l’Est du pays.
Les investigations ont permis de localiser le véhicule supposé transporter la drogue : un semi-remorque citerne stationné sur l’autoroute Est-Ouest, sans personne à bord. Plusieurs voitures suspectes ont été vues aux alentours. De l’une d’elles est descendu un individu qui a ensuite pris place dans le poids lourd pour démarrer en direction de la capitale.
Ce dernier a été intercepté à un barrage de contrôle. La fouille du camion a permis de découvrir 37 quintaux de kif dissimulés dans la citerne. Le conducteur, surpris, a déclaré qu’il avait été engagé pour transporter du gasoil.
Par la suite, le chauffeur de la Renault Mégane ayant déposé l’accusé principal, a également été arrêté. Il a expliqué qu’il avait transporté le suspect de Boumerdès à Relizane contre la somme de 7.000 DA. Ces déclarations ont été confirmées par le principal accusé, qui a continué à affirmer qu’il transportait uniquement du carburant.
L’enquête a permis l’arrestation d’un troisième suspect. L’analyse de ses communications téléphoniques a révélé qu’il était en contact constant avec le premier accusé tout au long du trajet. Il a également été établi que ce suspect communiquait avec un certain H. O., identifié plus tard comme étant H. Oussama, alors incarcéré à El Harrach avant sa spectaculaire évasion en 2017.
Les échanges téléphoniques ont également mis en lumière l’implication d’un commandant de la gendarmerie, soupçonné de complicité dans cette affaire de trafic de stupéfiants.
Lors de l’audience, tenue par visioconférence, H. Oussama a été entendu. S’il a reconnu son implication dans des activités illégales, il a nié être l’organisateur de cette opération spécifique.
Il convient de rappeler que lors du premier procès, tenu en octobre 2016, trois des mis en cause avaient nié les faits. Le président du tribunal avait alors souligné leur lien direct avec H. Oussama et l’officier de gendarmerie impliqué.
Rappelons que H. Oussama est un baron de la drogue bien connu des services de sécurité. Il est également impliqué dans une autre affaire datant de 2015, concernant la saisie de 11 quintaux de kif à bord d’un camion.
Dans son réquisitoire, le parquet a requis la perpétuité, insistant sur la gravité des faits. La défense, pour sa part, a plaidé la non-culpabilité de son client, affirmant que ce dernier n’aurait été qu’un exécutant, et qu’il ne pouvait être condamné sur la seule base des déclarations d’autres accusés.
Zemmouri L.
