Préservation des races d’abeilles autochtones en Algérie: Partenariat entre l’USTO et l’INRAE de Toulouse

L’introduction de races étrangères d’abeilles en Algérie, notamment la « ligustica » d’Italie, a été observée chez certains apiculteurs cherchant à accroître rapidement leur production.
Cette pratique comporte un risque de pollution génétique, menaçant la pureté des espèces locales et entraînant des conséquences écologiques négatives ainsi que des défis pour la gestion apicole locale et des implications économiques. Dans ce contexte, les initiatives collaboratives de l’Université des sciences et de la technologie d’Oran (USTO) et de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) de Toulouse jouent un rôle crucial dans la sauvegarde des abeilles autochtones. Selon le Pr. Tabet Aoul Nacera, enseignante-chercheure à la Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie (SNV) de l’Université Oran 1 et chef d’équipe du laboratoire de génétique moléculaire et cellulaire (LGMC) à l’USTO, la préservation de ces races est essentielle pour maintenir la biodiversité et la durabilité de l’apiculture en Algérie.
L’USTO a mis en place un programme visant à protéger et préserver la génétique des abeilles locales. Le Pr. Tabet Aouel explique que son équipe travaille en collaboration avec des apiculteurs professionnels de Blida et de Médéa dans le cadre du projet national de recherche 2021, intitulé « Contribution à la réalisation d’un programme de préservation et de sélection des écotypes de populations d’abeilles locales pour augmenter sa productivité ». Ce projet s’inscrit dans le domaine de la sécurité alimentaire et vise l’amélioration génétique et la sélection des ressources génétiques animales locales. Depuis 2017, le laboratoire LGMC de l’USTO collabore également avec une équipe française de l’INRAE de Toulouse, dirigée par le Dr. Tabet Canale Kamila, travaillant sur la génétique des abeilles. Deux thèses ont été réalisées, dont une soutenue.
Les résultats de ce travail sur les abeilles algériennes révèlent un mélange entre les deux sous-populations, avec une transgression de l’abeille importée, bien que limitée. Le Pr. Tabet Aoul Nacera a aussi souligné l’importance de la fécondation dirigée, ou insémination artificielle, pour contrôler la reproduction des abeilles et améliorer les caractéristiques des races. Cette méthode permet un contrôle génétique précis assurant la transmission des caractéristiques désirées à la descendance, ainsi qu’une amélioration rapide des phénotypes, facilitant l’obtention d’améliorations significatives en quelques générations seulement. Elle contribue également à maintenir et à gérer de manière optimale la diversité génétique au sein des colonies d’abeilles, préservant ainsi la variabilité génétique nécessaire à la santé et à la résilience des populations d’abeilles. « Il est essentiel de sensibiliser les apiculteurs à la sauvegarde des populations d’abeilles locales en Algérie pour assurer leur survie et préserver la biodiversité apicole du pays » a précisé le Pr Tabet Aoul.
Fayçal A.
