Fraude au BEM: Prison ferme pour deux femmes à Tébessa

Deux femmes ont été condamnées à deux ans de prison ferme, ce mardi par le tribunal de Tébessa, pour fuite des sujets des épreuves du BEM. Il s’agit d’une candidate libre et d’une femme reconnue coupable d’implication dans la fuite de sujets et de réponses des épreuves du Brevet d’enseignement moyen (BEM), via des moyens de communication à distance. C’est ce qu’a annoncé un communiqué du Parquet près ladite juridiction de première instance.

« En application des dispositions de l’article 11 du Code de procédure pénale, le Procureur de la République près le tribunal de Tébessa informe l’opinion publique que dans le cadre de la lutte contre les crimes portant atteinte à la régularité des examens, une candidate libre âgée de 25 ans et une femme mise en cause âgée de 34 ans ont été présentées, en date du 04/06/2024, devant le Procureur de la République près le tribunal de Tébessa », détaille le communiqué.
« Les deux femmes ont été poursuivies suivant la procédure de comparution immédiate pour avoir commis, le délit de fuite de sujets d’examen du BEM par le biais de moyens de communication à distance pour la première et le délit de fuite de réponses d’examens du BEM par le biais de moyens de communication à distance pour la deuxième », précise le communiqué. A l’issue de leur procès, elles ont été « reconnues coupables des faits qui leur sont reprochés et condamnées à deux ans de prison ferme, assorties d’une amende de 200.000 DA », conclut le communiqué.
Ces condamnations interviennent à quelques jours du déroulement de l’examen du Baccalauréat prévu du 9 au 13 juin prochain et sonnent comme un sérieux avertissement aux éventuels fraudeurs. Il faut dire que les cas de fraude restent marginaux lors des épreuves du BEM et du Baccalauréat en Algérie. L’année dernière, 21 personnes ont été condamnées pour fuite des sujets et des réponses des épreuves du Baccalauréat en ayant recours aux moyens de communication à distance, et ce dans plusieurs wilayas du pays.
A ce propos, le ministre de l’Éducation nationale, Abdelhakim Belabed, a affirmé, la semaine dernière, que les mesures prises pour lutter contre la fraude ont quasiment mis fin au phénomène l’année dernière. Cette déclaration a été faite lors d’une réunion d’orientation organisée depuis le siège de son ministère à Alger, via la vidéoconférence, consacrée aux préparatifs à l’examen du Baccalauréat.

Sous la loi 06-20

Le ministre a organisé cette réunion de coordination pour sensibiliser tous les responsables aux sanctions résultant des fraudes de toutes sortes, qui dépassent désormais les sanctions administratives et pédagogiques et s’étendent au-delà des sanctions judiciaires.
M. Belabed a fait savoir que la session de l’examen est supervisée par l’installation de cellules de veille et de lutte contre la fraude au niveau de chaque wilaya, chapeautées par les procureurs généraux de chaque Cour de justice, avec la participation des commissions sécuritaires des wilayas et des directions de l’Éducation. Selon le ministre, la cellule de veille qui s’inscrit dans le cadre des mesures de lutte contre la fraude, permet de conférer davantage de crédibilité à ces épreuves décisives auxquelles les hautes autorités du pays accordent un intérêt particulier et que le président de la République suit personnellement. Dans la foulée, le ministre a salué les efforts déployés par l’équipe chargée de superviser l’impression des sujets d’examen du baccalauréat, qui s’est trouvée en totale isolation du monde extérieur depuis le 1er mai jusqu’au soir du dernier jour de l’examen du baccalauréat, le 13 juin 2024.
Lors de cette réunion, le ministre a donné un ensemble d’instructions et de directives importantes dont il convient d’assurer la mise en œuvre, en mettant l’accent sur les opérations précises et sensibles pour assurer le contrôle optimal et le plus efficace du déroulement de cet examen, puisque les responsables des centres pour les établissements d’enseignement désignés ont pris le relais en tant que centres pour la procédure et ont supervisé les réunions de coordination avec tous les superviseurs.
De son côté, le procureur général près la cour de Boumerdès, Kaci Abdenour, a constaté que « les cas de fraude aux examens du BAC et du BEM, ont connu, ces derniers temps, une baisse significative grâce à la promulgation de la loi 06-20 du 24 avril 2020. Cette déclaration a été faite en marge d’une journée de sensibilisation contre la fraude lors des examens. «Les sanctions prévues dans le code pénal ayant fait l’objet d’amendement, en vertu de la loi 06-20 du 24 avril 2020, ont porté leurs fruits. La triche aux examens et concours est requalifiée de crime et le mis en cause encourt une peine de prison qui peut aller jusqu’à 15 ans et le versement d’amende», a-t-il soutenu.
G. Salima

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