Alimentation en eau potable: Lancement d’un immense projet de réhabilitation du réseau

En dépit de tous les grands apports hydriques, Oran fait face aux problèmes chroniques des déperditions d’eau du réseau dus à la vétusté des canalisations souterraines. Le rendement d’adduction ne dépasse pas les 50 %, soit autant de pertes en liquide précieux. Plus de 200 kilomètres de la galerie souterraine d’alimentation en eau potable à Oran sont vétustes et leur rénovation nécessite un budget dépassant les 2 milliards de DA. Pour endiguer ces énormes déperditions d’eau, la direction locale des ressources en eau vient de lancer un vaste projet de réhabilitation et de rénovation du réseau à travers le territoire de la wilaya d’Oran qui dépasse, par son ampleur, celle réalisée au début des années 2000.
Cette opération concernera les secteurs urbains El Badr, El Menzeh, El Mokrani, Sidi El Houari, Haï Bouamama, Aïn El Beïda, Ras El Aïn et les Planteurs. Ce vaste projet de rénovation ciblera aussi le réseau d’eau de Haï Zabana, le réservoir de Belgaïd, les Castors, El Kerma, la station de pompage d’eau de Boutlélis qui dessert la Corniche oranaise, Haï Naib, le réservoir de Brédéah, la conduite de refoulement d’eau qui dessert Haï Salem et la station de pompage de Aïn El Bia.
Parallèlement, l’APC d’Oran a également initié récemment un projet similaire de réhabilitation et de rénovation du réseau d’alimentation en eau potable à travers le territoire de la commune. La grande zone intramuros du grand Oran consomme 70% des apports en eau de la wilaya. Avec la vétusté des conduites souterraines, la SEOR est contrainte de baisser la pression pour éviter les éclatements des canalisations. La baisse de la pression fait que l’eau n’arrive pas suffisamment dans les foyers.
Un réseau souterrain vétuste
En parallèle de la réhabilitation du réseau dans la commune d’Oran, d’autres opérations sont en cours au niveau d’autres secteurs urbains prioritaires, à Es-Sénia, Bir El Djir, Oued Tlélat, Gdyel, Boutlélis, Arzew, Aïn Turck et à Bethioua. La vétusté du réseau souterrain complique la situation d’autant plus que le taux de remplissage des trois barrages alimentant Oran, ne dépasse pas actuellement les 21%. Le manque de précipitations a réduit les niveaux d’eau dans les barrages à de très faibles taux.
Face à la sécheresse marquée par une très faible pluviométrie, Oran ne peut pas compter sur les eaux superficielles des barrages qui l’alimentent. A l’Est de la wilaya, la deuxième ville du pays reçoit les eaux des barrages du Chelif (100 000 m3/jour), Karrada et Gargar. Du côté Ouest, le barrage Boughrara alimente à la fois Tlemcen, Aïn Témouchent (4000m3/j) et Oran (7000m3/j) est aussi faiblement rempli. Les pouvoirs publics ont eu recours à la solution coûteuse mais nécessaire du dessalement d’eau de mer. Oran est alimentée par les eaux non conventionnelles, autrement dit l’eau issue des stations de dessalement d’eau de mer. La station d’El Mactaa alimente Oran (240 000 m3/j) et Mascara (100 000 m3/j). La station Kahrama permet, quant à elle, un apport de 60 000 m3/j destinés à Oran et 25000 m3 sont acheminés vers la zone industrielle. Dans la zone Ouest, Oran reçoit 100 000 m3/j de la station de dessalement d’eau de mer de Béni Saf qui alimente également Aïn Témouchent. La station de déminéralisation de Brédéah permet quant à elle un apport de 17 000 m3/j. Oran puise, par ailleurs, de modestes quantités d’eau des forages qui ne dépassent pas les 15 000m3/j. L’entrée en service de la station de dessalement d’eau de mer de Cap Blanc, est attendue vers la fin de l’année.
Alors que les besoins en eau sont estimés à plus de 600 000 m3/j, la wilaya d’Oran qui compte plus de deux millions d’habitants, n’est actuellement alimentée que par 530 000 m3 d’eau par jour. L’entrée en service de la station de dessalement qui est en chantier à Cap blanc permettra à tous les oranais un accès à l’eau 24 heures sur 24. Cette station permettra un apport supplémentaire de 280 000m3 d’eau par jour. Sur cet apport, 50 000 m3 d’eau vont alimenter la Daïra d’Aïn El Turck dont les foyers souffrent actuellement d’un manque d’eau alors que 230 000 M3 vont alimenter le grand Oran.
G. Salima
