Misserghine : Trois ans de prison pour kidnapping

Accusés d’enlèvement, S. Noureddine, âgé d’une cinquantaine d’années, et son beau-frère B. Djamel, 30 ans, ont comparu devant le tribunal criminel d’appel de la cour d’Oran. A l’issue des délibérations, une peine de trois ans de prison, dont deux avec sursis, a été prononcée à leur encontre.
L’affaire remonte au 10 novembre 2023. Ce jour-là, le fils de S. Noureddine, encore mineur, avait été agressé par un groupe de jeunes. Blessé, il avait été transporté aux urgences de l’hôpital d’Oran. Alerté, son père, résidant à Misserghine, s’était immédiatement rendu à l’hôpital accompagné de son beau-frère.
Sur place, alors que le père s’enquiert de l’état de santé de son fils (fort heureusement légèrement blessé) l’adolescent aurait reconnu l’un de ses agresseurs parmi les jeunes présents dans l’enceinte hospitalière. S. Noureddine aurait alors interpellé le suspect et l’aurait contraint à monter dans son véhicule, avant de le conduire vers Misserghine.
Selon les déclarations de la victime, une fois arrivés, les deux hommes l’auraient conduit dans un garage, où S. Noureddine aurait exercé des violences physiques pour le dissuader de s’en prendre à nouveau à son fils. La victime déposera ensuite plainte auprès des services de la Gendarmerie.
Mais l’affaire prend un tournant inattendu : le jeune homme accusé d’agression affirme n’avoir jamais frappé qui que ce soit. Il accuse S. Noureddine de l’avoir kidnappé, emmené de force dans un garage, cagoulé, et menacé.
A la barre, S. Noureddine et son beau-frère nient fermement les faits. Le premier déclare qu’il avait simplement l’intention de conduire le présumé agresseur à la gendarmerie pour y déposer plainte, et non de se faire justice lui-même.
Des explications qui n’ont pas convaincu le procureur, ni le président de l’audience. Ce dernier a souligné que de nombreuses structures de sécurité se trouvent entre l’hôpital d’Oran et la commune de Misserghine, et qu’il aurait été plus logique de déposer plainte immédiatement. S. Noureddine s’est défendu en affirmant qu’il ne connaissait pas bien la ville d’Oran, un argument que le tribunal a jugé peu crédible.
Le parquet a requis vingt ans de réclusion criminelle contre les deux prévenus. Finalement, le tribunal a retenu les circonstances atténuantes plaidées par la défense, et a prononcé une peine plus clémente.
Zemmouri L.

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