La Niña est de retour : Vers un été caniculaire en Algérie ?

Deux bulletins météorologiques spéciaux (BMS) émis par l’Office national de la météorologie en moins d’une semaine annonçant des vagues de chaleur sur plusieurs régions du pays font craindre un été exceptionnellement chaud cette année.

En effet, Météo Algérie avait indiqué des hausses importantes de températures sur plusieurs régions du pays. Dans certaines wilayas, le thermomètre affichait jusqu’à 49 °C le vendredi 14 juin. Les wilayas principalement concernées étaient celles du Nord-ouest. La cause de cette hausse du mercure est le déplacement d’une vague de chaleur du sud-ouest vers le nord. Une autre vague de chaleur a affecté, hier, des wilayas du Centre et de l’Est du pays, avec des températures caniculaires locales de 45°. Elle a affecté Tizi-Ouzou, Bejaïa, Jijel, Skikda, Annaba et El Tarf, avec des températures maximales oscillant entre 42 et 45 degrés, notamment au Sud de ces wilayas. Il faut dire que cette envolée du mercure est un avant-goût de ce que sera l’été en Algérie. Même à une échelle plus globale, différents organismes météorologiques tablent sur un été 2024 exceptionnellement chaud. À titre illustratif, le service météorologique numéro 1 en France, Météo France, avait indiqué, dans un bulletin publié à la fin du mois d’avril, qu’ « un scénario plus chaud que la normale est le plus probable pour la France », précisant que « cette probabilité est plus marquée pour les régions méditerranéennes ».
Le climat mondial est impacté ces derniers temps par des phénomènes météorologiques extrêmes. Après l’épisode El Niño qui s’est installé de 2023 à 2024, un autre phénomène arrive. Il s’agit de La Niña qui devrait toucher la planète dans un avenir proche. Il devra faire baisser les températures après leur flambée causée par le passage d’El Niño.
Selon les explications des météorologues, La Niña est un phénomène climatique ayant pour origine une anomalie thermique des eaux équatoriales de surface. Les températures des eaux sur les premières dizaines de mètres de l’océan Pacifique centre deviennent anormalement basses, ce qui produit un refroidissement local.

Un hiver précoce

Le nom de ce phénomène, La Niña (« la petite fille » en espagnol), est choisi en comparaison avec El Niño (« le petit garçon » en espagnol). Les conséquences maritimes et climatiques de La Niña sont globalement l’inverse de celles d’El Niño. L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a annoncé son retour qui devrait se manifester avant la fin de l’année. Ce qui aura pour conséquence la baisse des températures moyennes de la planète.
Les prévisions de l’OMM indiquent que, la probabilité de voir un épisode de La Niña faire son apparition dès ce mois de juin à août 2024 est de 50 %. Cette probabilité est ensuite réévaluée à 60 % pour la période allant de juillet à septembre, pour se confirmer davantage à 70 % entre août et novembre prochains. Les prévisions présagent donc un nouveau bouleversement météorologique, probablement dès la fin de l’été. La baisse en vue de la température de l’air dans la zone du Pacifique équatorial devrait impacter, plus largement, la surface terrestre, et provoquer ainsi la baisse de la température moyenne mondiale. Les climats locaux restent cependant les plus exposés à l’impact des changements attendus dans cette zone du Pacifique.
En Algérie, l’impact du phénomène La Niña devra se traduire par un été chaud et agité, ainsi qu’un hiver précoce. Bien qu’attendus pour l’automne prochain, les premiers effets de ce phénomène pourraient être constatés en Algérie dès cet été, à commencer par son impact sur la température.
En effet, La Niña se caractérise notamment par l’augmentation du nombre d’anticyclones sur l’Europe centrale. Par conséquent, en ajoutant ses phénomènes à l’anticyclone des Açores qui se place du côté atlantique, l’Algérie, qui est proche de l’Europe, pourrait donc avoir droit à des vagues de chaleurs plus nombreuses durant cet été.
S.O

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