Elle appelle à la dénucléarisation du Moyen-Orient: Alger alerte sur la menace d’Israël

 

Lors d’une session du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à la non-prolifération, l’Algérie a renouvelé son appel à la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et de toutes armes de destruction massive au Moyen-Orient.

Cette initiative, défendue par l’ambassadeur Amar Bendjama, vise à renforcer la paix régionale et à mettre fin à un déséquilibre jugé dangereux pour la stabilité globale, en ciblant notamment l’arsenal nucléaire israélien qui échappe depuis des décennies à tout contrôle international.
Dans une intervention prononcée mardi, l’ambassadeur d’Algérie auprès des Nations unies a souligné que la situation actuelle constitue un moment critique pour la sécurité régionale et internationale. «La récente escalade entre l’Iran et l’entité sioniste a révélé à quel point notre sécurité collective demeure fragile, surtout lorsque des installations nucléaires, même placées sous les garanties de l’AIEA, sont directement menacées », a-t-il mis en garde.
L’Algérie, qui se félicite du cessez-le-feu obtenu grâce à la médiation des États-Unis et du Qatar après douze jours de confrontation, insiste toutefois sur l’urgence d’aller au-delà de l’apaisement temporaire. « Ce cessez-le-feu doit être une opportunité pour construire des mécanismes durables de non-prolifération, sans appliquer une politique de deux poids deux mesures », a déclaré Bendjama, dans une allusion directe à l’exception nucléaire dont bénéficie Israël.
Le diplomate a rappelé que la résolution 487 du Conseil de sécurité, adoptée en 1981, exigeait qu’Israël place ses installations nucléaires sous la supervision de l’AIEA. « Plus de quarante ans après, cette obligation est toujours ignorée, alors même qu’Israël continue de développer un arsenal nucléaire en dehors de tout cadre légal international », a-t-il déploré.
En revanche, le programme nucléaire iranien, bien que soumis aux mécanismes de contrôle de l’AIEA, fait l’objet de pressions constantes, illustrant selon lui le déséquilibre profond qui mine la crédibilité du régime mondial de non-prolifération.
Dans ce contexte, l’Algérie s’est dite prête à travailler avec tous les partenaires pour rétablir l’intégrité de ce régime. Elle soutient l’application intégrale et équitable du Plan d’action global commun (JCPOA), y compris la levée des sanctions visant l’Iran, estimant que ce plan représente une base concrète pour un dialogue transparent et pacifique.
En reprenant les propos du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, l’ambassadeur algérien a conclu que « la diplomatie reste la seule voie réaliste pour traiter les inquiétudes liées au programme nucléaire iranien, mais aussi pour prévenir une course aux armements dans la région ».
L’appel de l’Algérie, au-delà de la conjoncture, vise à relancer une revendication ancienne des pays arabes et du Mouvement des non-alignés : faire du Moyen-Orient une zone réellement dénucléarisée, où aucun État ne puisse représenter une menace existentielle pour ses voisins grâce à un arsenal nucléaire clandestin. Un message clair, en direction d’Israël, mais aussi des puissances internationales garantes du droit international.
T. Feriel

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