8% d’accidents et 5% de morts en plus: Un début d’été sanglant sur nos routes

Une inquiétante hausse de 8% du nombre d’accidents et de 5% du nombre de décès a été enregistrée en ce début de saison estivale. Pour endiguer ces dramatiques accidents de la circulation qui continuent à endeuiller les familles algériennes, la délégation nationale à la sécurité routière table sur la sensibilisation des usagers de la route. A cet effet, une campagne sera menée à partir du 1er juillet prochain pour diffuser des messages de prudence avant les départs en vacances et les longues heures de voiture.
« Une hausse de 8% du nombre d’accidents et de 5% du nombre de décès a été enregistrée en ce début de saison estivale », a déploré, hier, Ahmed Nait El Hocine, délégué national à la sécurité routière au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales. « Durant cette période, le nombre d’accidents est en hausse en raison de la forte mobilité et des nombreux déplacements des citoyens vers les wilayas côtières. La circulation nocturne est également plus fréquente pendant les vacances d’été, ce qui augmente le risque d’accidents », a analysé M. Nait El Hocine lors de son passage sur la Radio algérienne.
Évoquant ces accidents, l’invité de la Chaîne 3 a indiqué que le facteur humain en demeure la principale cause. « Les données de la délégation de la sécurité routière montrent une prédominance du facteur humain comme principale cause des accidents », a-t-il précisé. A ce titre, il a cité également le non-respect des règles de la circulation, les manœuvres dangereuses et l’excès de vitesse à l’origine de près de 20% des accidents. « Nous observons aussi, a-t-il noté, que la non-maîtrise de la conduite est parmi les causes des accidents puisque 20% des conducteurs impliqués dans ces drames sont détenteurs de permis probatoires, alors que les détenteurs d’un permis de moins de 5 ans y sont impliqués à plus de 50% ».
Selon des données de la Gendarmerie relayées par l’APS, le facteur humain représente la principale cause des accidents de la route survenus durant les premiers mois de 2024, avec un taux de 91%. L’état des routes et l’environnement représentent 4,84%, et l’état du véhicule représente 4,30%. La responsabilité des accidents de la route est due à l’implication des conducteurs dans plus de 76% du nombre total des accidents, dont la plupart sont des hommes, et tous sont des jeunes ayant obtenu un permis de conduire depuis moins de 5 ans. Les jeunes se caractérisent par l’impulsivité et la conduite imprudente et ne respectent pas le code de la route, notamment en ce qui concerne la vitesse excessive sous l’emprise de l’alcool ou de substances psychotropes, les conducteurs étant peu conscients de la circulation.
Selon toujours les chiffres de la Gendarmerie nationale, la vitesse excessive reste le principal facteur d’accidents avec un taux de plus de 22%, en plus de l’implication et de l’indifférence des piétons à un taux de 14%, suivi par la négligence des conducteurs avec un taux de plus de 11%.
Sensibilisation à la prudence
La délégation nationale à la sécurité routière table sur la sensibilisation des usagers de la route pour lutter contre cette hécatombe. «Une campagne sera menée à partir du 1er juillet prochain en collaboration avec la Gendarmerie nationale et de nombreux partenaires, dont la Radio et la Télévision algérienne et Naftal », a annoncé l’intervenant, expliquant que la sensibilisation sera principalement menée dans des stations-service situées le long des axes routiers à risque d’accidents. Concernant l’état des routes et des abords, la Gendarmerie a indiqué qu’il était une cause directe de plus de 4% des accidents. Le mauvais état des routes a contribué de manière significative à la survenue de nombreux autres accidents, dont les conducteurs portent la responsabilité. Les causes attribuées aux véhicules sont liées à des dommages aux roues et à des dysfonctionnements mécaniques, notamment des systèmes de freinage et de direction, qui peuvent résulter de la qualité des pneumatiques et des pièces de rechange des véhicules impliqués.
Aussi, une forte hausse de l’implication des motocycles a été relevée durant ces dernières années. «Alors que les motocycles ne représentent que 3% du parc automobile national, ils sont impliqués dans plus de 20% des accidents de la circulation », déplore le représentant de la délégation de la sécurité routière. Enfin, il est à signaler que la Gendarmerie nationale a mis en place une page internet intitulée «Tariki» dédiée aux signalements par les citoyens des infractions qui sont par la suite traitées par une équipe spécialisée opérationnelle 24h/24″. Ces signalements sont transmis aux unités de terrain pour prendre les mesures nécessaires.
G. Salima
