Tribunal d’appel : Prison ferme pour un ex de Daech
Le tribunal criminel d’appel de la Cour d’Oran a rendu son verdict dans l’affaire de B. Miloud, poursuivi pour apologie du terrorisme et appartenance à une organisation criminelle à l’étranger.
Le prévenu, âgé de 42 ans, était accusé d’avoir utilisé des moyens de communication électroniques pour recruter des jeunes et assurer l’apologie de l’organisation terroriste Daech. L’affaire a éclaté suite à des rapports des services de sécurité identifiant B. Miloud, alias « Abou Moussaab », comme un membre actif de la mouvance takfiriste ayant rejoint les rangs des combattants en Syrie.
L’enquête a révélé que le suspect avait quitté l’Algérie le 12 avril 2016 depuis l’aéroport d’Oran à destination d’Istanbul. Durant ses investigations, la police a entendu le père du prévenu qui a admis que son fils s’était radicalisé en fréquentant la mosquée Ibn Taïmia, dans la cité Lescure, un lieu alors connu pour le prosélytisme de groupes extrémistes. S’il a reconnu avoir gardé un lien via l’application Messenger, le père a affirmé ignorer le détail des activités de son fils.
De son côté, le frère de l’accusé s’est montré plus explicite, avouant que Miloud avait rejoint Daech en Syrie. Il a notamment confirmé avoir reçu des photos de combattants envoyées par le prévenu depuis les zones de conflit.
L’expertise technique a permis de remonter un réseau de contacts sur les réseaux sociaux. Les suspects y partageaient du contenu djihadiste dans le but d’embrigader de nouvelles recrues pour la « guerre sainte ». Confrontés à leurs activités numériques, d’autres complices, dont un certain K.M. (sympathisant revendiqué de Daech depuis 2014) et B.H., ont vu leurs dénégations balayées par les preuves retrouvées sur leurs comptes Facebook.
Devant le tribunal criminel d’appel, B. Miloud a tenté de minimiser ses actes. S’il a reconnu s’être rendu en Syrie, il a affirmé avoir fui l’organisation après quelques mois, prétextant une désillusion face à la réalité du terrain. « J’ai pris la fuite vers la Turquie, où j’ai été arrêté puis expulsé vers l’Algérie », a-t-il déclaré.
Malgré les réquisitions du ministère public réclamant la peine maximale, et les arguments de la défense — qui a souligné que le prévenu avait déjà purgé six ans de prison en Turquie pour ces mêmes faits — le tribunal a condamné B. Miloud à une peine de trois ans de prison ferme.
Zemmouri L.