Docteur Belatoui, de l’unité de virologie de l’EHU :«La situation du Sida n’est pas alarmante à Oran»

«Il y a beaucoup de rumeurs qui circulent actuellement faisant état d’une forte hausse de cas du virus d’immunodéficience humaine VIH à Oran. Nous avons certes enregistré des cas dans notre laboratoire, mais la situation épidémiologique n’est pas alarmante», assure le Docteur Belatoui, de l’unité de virologie du laboratoire de microbiologie de l’établissement hospitalo-universitaire (EHU) d’Oran.

Dr Belatoui donne de pertinentes informations sur le syndrome d’immunodéficience acquise, plus connu sous son acronyme Sida, qui est un ensemble de symptômes générés par la destruction de cellules du système immunitaire par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Le Sida, qui est le dernier stade de l’infection au VIH lorsque l’immunodépression est sévère, conduit au décès suite à des maladies secondaires auxquelles il peut donner lieu. La transmission du VIH se fait principalement par voie sexuelle ou par contagion sanguine (notamment par l’utilisation de drogues injectables ou via des actes médicaux prodigués par les professionnels de la santé). Le troisième mode de transmission est possible de la mère à l’enfant, soit in-utero, au moment de l’accouchement ou au cours de l’allaitement.
La prévention, telle que l’usage des préservatifs dans les rapports sexuels, constitue de loin la meilleure solution, puisqu’il n’existe actuellement aucun vaccin permettant de se protéger du VIH, et que les traitements antiviraux disponibles n’entraînent pas la guérison. Ces traitements, bien qu’ayant une certaine efficacité, ne peuvent que stopper la prolifération du virus au sein de l’organisme mais ne l’éradiquent pas. Le diagnostic de l’infection par le VIH se fait par la détection dans le sang des patients des anticorps dirigés contre le VIH. C’est la recherche de séropositivité au VIH, qui est un signe de l’infection ; mais l’absence de séropositivité au VIH ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu une contamination (ce qui peut être le cas au tout début de l’infection).
Selon les données du ministère de la Santé et de la population, l’Algérie enregistre une moyenne annuelle de 1.700 nouvelles infections au virus, touchant généralement la tranche d’âge comprise entre 24 et 49 ans, aussi bien la gente masculine que féminine. Le ministère affirme qu’il fait de la lutte contre le Sida l’une de ses priorités. L’objectif des autorités sanitaires est d’assurer un accès total et gratuit à toutes les prestations de soins aux malades du VIH-Sida, dont le dépistage et le traitement. Un Plan national stratégique a été mis en place pour accélérer la riposte contre cette infection d’ici à l’horizon 2030. De leur côté, les associations soulignent l’importance de l’accompagnement des personnes infectées par le virus par un appui de la société civile.
G. Salima

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