Hommage à Bendjedda Mehania

Le musée du Moudjahid de Mascara abrite une photo méconnue de Chahida Bendjedda Mehania, symbole de l’héroïsme de la femme algérienne face aux violences de l’armée coloniale française. Sur ce portrait, la jeune femme apparaît presque dévêtue, protégée seulement par des haillons, le visage crispé et les poignets ligotés avec du fil de fer barbelé, témoignant de la brutalité des tortures qu’elle a subies. Son courage face à la barbarie coloniale reste un exemple pour les générations passées et actuelles.
Née en 1940 à El Ma Labiodh (Tébessa), Mehania vivait dans une modeste maison avec sa famille. Cette demeure servait de refuge aux Moudjahidine et de lieu d’approvisionnement en vivres et en armes pour la lutte armée. Son père, Salah, collectait à cette époque des contributions destinées à la révolution. Selon son frère Chafaï, l’officier français Weiss, commandant d’un centre d’interrogatoire local, ordonna en novembre 1957 un ratissage de la région après avoir appris que des résistants fréquentaient leur maison.
Lors de cette opération, Weiss enferma le père de Mehania dans un réduit et choisit la jeune fille et sa cousine Aïcha pour les interroger. Les deux femmes furent soumises pendant huit jours aux pires atrocités, subissant tortures et humiliations sans jamais révéler d’informations sur la révolution ni sur les Moudjahidine. Selon le témoignage de Chafaï, les deux martyrs furent finalement emmenées dans un oued, traînées et ligotées avant d’être assassinées. Les maisons de la région furent incendiées et de lourdes représailles s’abattirent sur les habitants portant le nom de Bendjedda.
Après l’indépendance, les dépouilles de Mehania et Aïcha furent inhumées au cimetière des Chouhada du lieu-dit Zakik, sur le territoire de la commune d’Ogla Melha. En hommage à son sacrifice, une statue de Bendjedda Mehania a été érigée au musée du Moudjahid à Alger, et le plus ancien hôpital de la wilaya de Tébessa porte désormais son nom.
Chahida Bendjedda Mehania reste un symbole de courage et de résistance, rappelant le rôle essentiel des femmes dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie et leur résilience face à la torture et aux atrocités de l’armée coloniale.
B. Zouheir

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