En soutien au peuple palestinien: L’Algérie annule les festivals de l’été

L’Algérie n’a jamais failli dans sa solidarité avec la Palestine. Après l’annulation des festivités du 1e Novembre l’année dernière, la suspension des compétitions et rencontres de football en octobre 2023, l’organisation de marches en soutien à la cause palestinienne, l’Algérie vient de décider d’ajourner l’ensemble des manifestations culturelles programmées pour la saison estivale.
Dans un communiqué rendu public vendredi, le ministère de la Culture et des Arts a annoncé le report de tous les grands festivals artistiques prévus pour cet été en cohérence avec « la position immuable de l’Algérie en faveur de la cause palestinienne et du peuple palestinien dans sa lutte légitime contre l’agression sioniste barbare». Le ministère justifie cette décision par l’ampleur prise par l’agression israélienne et «l’augmentation des massacres abjects commis par les forces sionistes criminelles et à la guerre génocidaire ouverte contre le peuple palestinien assiégé». Et rappelle, si besoin était, que cette résolution entre dans le cadre «des efforts consentis par l’Etat algérien, à sa tête le président de la République en soutien au peuple palestinien opprimé».
Le département de Soraya Mouloudji a, par ailleurs, indiqué que les autres activités culturelles et intellectuelles seraient adaptées à cette position de solidarité avec la cause palestinienne et que «les manifestations culturelles visant à ancrer les cultures populaires locales et les constantes de l’identité nationale» seraient renforcées.
Depuis octobre 2023 et le génocide du peuple palestinien qui a progressivement pris forme avec la complicité active ou passive des puissances occidentales et certains pays arabes, l’Algérie n’a jamais cessés de dénoncer l’Etat hébreu et multiplié les actions de soutien aux Palestiniens. Quelques jours seulement après les premières agressions, Abdelmadjid Tebboune avait ordonné l’annulation des festivités de célébration du 1 Novembre 1954, date du déclenchement de la guerre de libération nationale. Toutes les ambassades et missions diplomatiques, tous les consulats et consulats généraux à l’étranger, avaient ainsi cessé les préparatifs de commémoration de cette date si chère au cœur des Algériens. Une décision qui venait «exprimer la solidarité du peuple algérien et de l’Etat algérien avec nos frères palestiniens dans la bande de Ghaza, sous le blocus, et qui font face aux crimes de l’invasion sioniste», avait précisé un communiqué du ministère des AE.
Dans la foulée -et au lendemain d’une frappe ayant fait au moins 471 morts dans un hôpital de Gaza- la Fédération algérienne de football annonçait la suspension «jusqu’à nouvel ordre» de l’ensemble des compétitions et matches de football en solidarité avec Ghaza.
Et le soutien ne s’est jamais démenti. Toutes les manifestations culturelles organisées depuis le début du génocide l’ont été sur fond de solidarité avec le peuple de Ghaza et de Cisjordanie. Des dizaines de «petits» festivals ont été organisés à travers de nombreuses wilayas algériennes et jamais «l’hommage à la Palestine» n’a été oublié. Qu’il s’agisse de théâtre, de la chanson, de la musique ou du rire, que cela fut pour adultes ou pour enfants, toutes les manifestations ont exprimé le refus des Algériens du sort réservé aux Palestiniens.
Aujourd’hui, dix mois après une guerre génocidaire qui continue en dépit des condamnations d’institutions officielles internationales, l’Algérie a décidé de lancer un nouveau signal de son attachement viscéral à la cause palestinienne. Les traditionnelles grandes manifestations culturelles de l’été n’auront pas lieu : les amateurs de la culture devront se résoudre à faire l’impasse notamment sur le festival de musique de Timgad, le festival arabo africain de la danse folklorique de Tizi-Ouzou, le festival international du Malouf de Constantine, la manifestation culturelle international de Djemila… et d’autres manifestations culturelles que le ministère de la Culture a omis de citer dans son communiqué.
M. Nadir
