Trafic de migrants : Trois ans de prison pour les principaux accusés

Onze personnes dont sept Marocains et un Syrien ont comparu cette semaine devant le tribunal criminel de première instance d’Oran pour une affaire de trafic de migrants en bande organisée et blanchiment d’argent.
D. Ahmed Nabil et A. Khaled Walid, âgés respectivement de 48 et 31 ans, ont été condamnés à trois ans de prison ferme, dont 18 mois avec sursis, pour blanchiment d’argent. Les sept ressortissants marocains âgés entre 21 et 39 ans, ont eux été condamnés à 6 mois de prison avec sursis. Quant au Syrien de 56 ans, il a écopé d’une année de prison ferme pour avoir facilité l’entrée d’étrangers sur le territoire national.
Les faits de cette affaire remontent au 13 mars 2023, lorsque les services de la gendarmerie ont intercepté une Renault Clio près de Madagh à son bord des Marocains. Un second véhicule a également été arrêté par les gendarmes sur cette même route avec cinq personnes dont quatre ressortissants marocains. Interrogés, les deux chauffeurs ont expliqué avoir été priés par leurs passagers de les transporter depuis le rond-point de la wilaya d’Oran à Cap Blanc contre 6.000 dinars. Les ressortissants marocains, eux, affirmeront être entrés en Algérie par voie légale en prenant un vol du Maroc vers l’aéroport d’Alger Houari Boumédiène, pour ensuite rallier Oran d’où ils devaient rejoindre clandestinement l’Espagne. La préparation du voyage avait commencé au Maroc, diront-ils.
A Oran, les Marocains sont hébergés à Mers el-Hadjaj, dans une maison appartenant à la dénommée H.S., une femme résidant en France, et gardée par un Syrien. Lequel Syrien avouera avoir loué la maison avec l’accord de la propriétaire. Il expliquera qu’un entrepreneur chargé d’un projet d’un hôtel lui avait demandé de lui trouver une habitation pour ses employés.
Des investigations pour trouver cet entrepreneur ont été engagées, en vain. Les Marocains ajouteront que l’organisateur de ce voyage clandestin était un certains El Hadj, résidant au Maroc, qui avait pris contact avec des personnes en Algérie pour préparer la traversée contre 7.500 euros.
A barre du tribunal criminel, les deux premiers mis en cause tenteront de minimiser les faits en affirmant ignorer ce qui se tramait. Le Syrien et la propriétaire de la maison nieront toutes les accusations retenues contre eux. Quant aux harraga marocains, ils mettront en avant les conditions de vie difficiles dans leurs pays pour justifier leur volonté de s’exiler.
Le ministère public requerra 15 ans de réclusion contre les deux premiers mis en cause et cinq années contre les autres. La défense des Marocains plaidera les circonstances atténuantes, tandis que les avocats des deux chauffeurs, plaideront l’innocence en s’interrogeant sur le bien-fondé de l’accusation de blanchiment d’argent.
Zemmouri L.

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