Une dispute tourne au drame à Eckmühl : Sept ans de prison pour avoir éborgné son voisin

Accusé de coup et blessures volontaire ayant entrainé la perte d’un œil, le dénommé B. Mohamed, âgé de 45 ans, a été jugé coupable par le tribunal criminel de première instance d’Oran qui l’a condamné à la peine de sept années de prison. Pour le prévenu, il n’a fait que défendre son honneur et laver l’affront qui lui avait été fait le 17 juillet.
Ce jour-là, une dispute a éclaté à Eckmühl entre Mohamed et un voisin de quartier dénommé A. Djamel. L’échange d’amabilités évolue très vite et l’accusé frappera son adversaire au visage lui infligeant une grave blessure. Les médecins des urgences vers lesquelles le blessé est évacué ne parviendront pas à sauver l’œil atteint par le coup. Djamel est éborgné. Il portera plainte contre B. Mohamed qui sera rapidement arrêté par les services de police.
Confronté aux accusations, le suspect ne nie pas les faits en expliquant que son voisin avait l’habitude de provoquer son épouse qui travaille dans un bain et de l’humilier par des propos dégradants. «A chaque fois qu’elle se tient devant la porte de ce bain, il s’arrange pour s’assoir face à elle et de lui proférer des paroles avilissantes». Plus d’une fois «elle m’en a parlé et j’ai toujours gardé mon calme pour éviter la violence. Jusqu’à ce jour-là où je ne suis pas arrivé à me contenir», rapportera-t-il en niant toutefois avoir utilisé une arme blanche comme l’avait avancé la victime dans sa plainte : «Je lui ai donné un coup de poing», assurera-t-il.
Cependant, dans son rapport, le médecin légiste a indiqué que le coup a été occasionné par un objet contendant.
A la barre du tribunal criminel, le prévenu ne changera pas ses déclarations en affirmant que ce drame est survenu à cause du comportement de son voisin qui a plusieurs fois manqué de respect à son épouse. « J’ai défendu l’honneur de ma femme. Je ne pouvais pas rester longtemps sans rien faire», a-t-il tenté de se défende.
Dans leurs dépositions, la victime et son propre frère ont expliqué que suite à la dispute, le mis en cause était rentré chez lui pour ressortir avec une arme blanche et l’attaquer au visage. «Mensonges, s’est insurgé le mis en cause depuis le box des accusés. Je jure que ce n’est pas vrai», a-t-il lancé en interrompant la déposition de ses accusateurs et en ajoutant que Djamel avait essayé de le frapper en lui lançant des briques.
Dans son réquisitoire, le représentant du ministère public a insisté sur la gravité des conséquences de l’attitude de l’accusé qui fait perdre un organe à la victime, avant de requérir la peine de dix années de prison ferme.
La défense, elle, plaidera les plus larges circonstances atténuantes pour son mandant en soulignant le poids de l’honneur dans la société algérienne. L’honneur de Mohamed a été bafoué et sa femme régulièrement humiliée par les propos dégradants de la victime. Ce que l’accusé, comme d’ailleurs n’importe quel homme, n’a pas supporté. La violence de Mohamed a été proportionnelle au sentiment d’humiliation qu’il a ressentie à chaque fois que la victime adressait la parole à son épouse.
Zemmouri L.
