Après l’attaque au couteau à Southport : Le Mossad derrière les heurts en Angleterre

Analyse de Saïd OUSSAD

Les faits :
Trois enfants (6, 7 et 9 ans) sont morts et onze personnes ont été blessées dans une attaque au couteau survenue lundi 29 juillet, dans une école de danse et de yoga à Southport, en Angleterre. L’individu suspecté du drame, âgé de 17 ans, a été interpellé.

Le profil de l’assaillant :
Agé de 17 ans, son identité est d’abord restée secrète en raison de sa minorité, ce qui a donné lieu à la propagation de nombreuses rumeurs concernant sa religion et son profil. Son nom a finalement été révélé le 1er août dernier par le juge Menary. Il s’agit de Axel Muganwa Rudakubana, né le 7 août 2006 à Cardiff, au Pays de Galles. Il est le fils d’immigrants rwandais. Au moment de l’attaque, lui et sa famille de quatre personnes vivaient dans le village de Banks, situé à six kilomètres de Southport, dans le Lancashire. Axel Rudakubana a reçu un diagnostic du trouble du spectre de l’autisme et refusait de quitter sa maison, ne communiquant avec sa famille que de façon intermittente. Selon le Guardian, une étude psychologique et une expertise psychiatrique va être faite pour déterminer s’il avait conscience de ses actes. En attendant, il a été inculpé pour meurtre et tentatives de meurtres et placé en détention.

Ce qu’on sait de l’assaillant :
Selon le Daily mail, les anciens voisins du suspect ont déclaré qu’ils étaient «choqués» et «attristés» d’apprendre que l’adolescent avait été arrêté pour l’attaque au couteau. Ils ont qualifié sa famille de «très gentille». «Ses parents, une mère qui restait au foyer et un père chauffeur de taxi qui ambitionnait de diriger une entreprise de vente au détail en ligne, formaient un couple « gentil et normal » selon leurs voisins de Banks, où ils vivaient dans une maison mitoyenne soignée située dans une impasse, détaille de son côté le quotidien britannique The Times. Toujours selon le Daily mail, l’adolescent se serait entraîné au karaté avec son père dans sa jeunesse, qui donnait des cours avec le sensei (maître) Chico Mbakwe, (l’entraîneur national de karaté du Pays de Galles), à la salle paroissiale St Cadoc à Llanrumney, en banlieue de la capitale galloise.

Le mobile :
La police n’a donné aucune indication sur un possible mobile, mais a déclaré ne pas avoir retenu la piste terroriste pour l’instant. Selon The Telegraph, la ministre de l’Intérieur, Yvette Cooper, a mis en garde contre les « spéculations ou commentaires », lorsqu’on lui a demandé si le suspect était connu des autorités. La ministre a indiqué que la police «fournirait des mises à jour».

Les émeutes :
Deux jours après l’attaque au couteau, Southport, s’est réveillée, sonnée par de violents affrontements entre policiers et manifestants. Ces violences, attribuées par la police à des manifestants d’extrême droite, ont éclaté peu après un hommage aux victimes.
Si aucun incident notable n’était signalé à Southport dans la soirée, mercredi dernier, une manifestation tendue, en réaction à la réponse du gouvernement à l’attaque de lundi, s’est tenue à Londres à proximité de Downing Street. Des policiers en tenue de maintien de l’ordre ont été visés par des jets de bouteilles, et plusieurs personnes ont été interpellées après ce rassemblement où nombre de participants portaient des drapeaux anglais sur les épaules.
Mardi soir, une centaine de manifestants ont allumé des feux et affronté les forces de l’ordre, selon un journaliste de l’Agence France-Presse présent sur les lieux. Certains ont incendié des véhicules, « jeté des briques sur une mosquée locale et endommagé une épicerie », a signalé un communiqué de la police, qui « soupçonne » les manifestants d’être des « soutiens » de la Ligue de défense anglaise, un mouvement d’extrême droite. Les services de secours locaux ont dit sur X avoir traité « 39 patients au total, tous des agents de police », dont 27 ont été hospitalisés.
« C’était terrifiant », a raconté le président de la mosquée, Ibrahim Hussein, coincé dans l’édifice pendant les heurts. « Cette méchanceté était incompréhensible », a-t-il ajouté. « Cela fait trente ans qu’on est ici, sans aucun problème. » Mercredi matin, plusieurs membres de la communauté musulmane locale se sont rassemblés devant la mosquée, tandis que les services de nettoyage débarrassaient les débris restant dans la rue.
Au moins deux hôtels hébergeant des demandeurs d’asile ont été pris pour cible et des appels à la violence, notamment contre des mosquées, se sont multipliés. Les forces de l’ordre ont déjà procédé à près de 400 arrestations.

Derrière les émeutes :
Selon la vice-première ministre du Royaume-Uni, les manifestations xénophobes et islamophobes sont alimentées par la Ligue de Défense anglaise, un groupe nationaliste britannique. Se définissant comme un groupe d’extrême droite et de lutte contre le jihad, il a été fondé à Londres en 2009 par des hooligans du football. L’un des leaders et figures proéminentes du mouvement est Stephen Yaxley-Lennon, connu sous le nom de « Tommy Robinson », un militant politique condamné à plusieurs reprises pour agression, fraude et outrage au tribunal.
Selon Sky News, la Ligue de Défense anglaise se distingue de l’extrême droite traditionnelle en dénonçant ouvertement l’antisémitisme et l’homophobie. Elle abrite d’ailleurs des sous-groupes du mouvement, « notamment les divisions juives, sikhes et LGBT », considérées comme les plus violentes et les plus islamophobes.
Tenue responsable des récentes violences qui ont éclaté à Southport, l’organisation pourrait être dissoute. Ainsi, la vice-première ministre du Royaume-Uni, Angela Rayner, a suggéré son interdiction, rapporte le quotidien britannique The Telegraph.

L’ombre d’Israël :
Le 26 juillet, soit trois jours avant l’attaque de Southport, le cabinet du premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré que le Royaume-Uni n’interférerait pas avec la demande de mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) sur le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.
Le Premier ministre avait également rétabli le financement de l’UNRWA, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, qui avait été suspendu par le gouvernement de Rishi Sunak en janvier. Il a également déclaré que l’État palestinien avait un « droit indéniable » à être reconnu dans le cadre d’un processus de paix.
Face à ce nouveau visage de la politique extérieure britannique, Israël n’a pas hésité à manipuler ses pions de l’extrême droite anglaise, pour semer chaos et destruction. Le prétexte, l’acte criminel d’un « déséquilibré » dont le mobile n’a pas encore été clairement déterminé. Le but étant de « corriger » Londres et d’envoyer un message fort aux autres capitales européennes. « Si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous et vous en payerez le prix fort », semble dire l’Etat hébreu. L’objectif étant d’amalgamer entre violence et islam pour occulter l’actualité palestinienne et le génocide perpétré à Ghaza
Le bras armé de Tel-Aviv est justement ce groupuscule ouvertement islamophobe qui avait déjà manifesté devant l’ambassade sioniste à Londres pour soutenir I’entité, le 10 octobre 2024, soit trois jours après la riposte de la Résistance palestinienne du 7 Octobre dernier. Sur une des rares vidéos postées sur Youtube, on peut voir des membres de la Ligue de Défense anglaise brandissant des pancartes à la gloire de l’Etat hébreu. « The true english will never abandon Israël (Les vrais anglais n’abandonneront jamais Israël) », pouvait-on lire au milieu d’une poignée de manifestants surexcités, encadrés par le service d’ordre de la Ligue arborant des gilets jaune fluo avec l’inscription « EDL (English Defence League) » au dos. On pouvait également apercevoir un drapeau LGBT flotter sur place.
Il ne fait aucun doute sur l’implication de l’EDL dans les troubles qu’a connu l’Angleterre cette dernière semaine alors que Keir Starmer a souligné que sa priorité absolue était de mettre fin aux désordres et que les sanctions pénales soient rapides. Dès dimanche après-midi, il avait prévenu les casseurs qu’ils regretteraient d’avoir participé aux désordres des derniers jours.
Maintenant, la justice anglaise doit regarder derrière le rideau et voir qui tire les ficelles.
S.O

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