Tebboune ne sera pas présent au Caire: L’Algérie répond au sommet de Riyad

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a décidé de ne pas participer personnellement au sommet arabe d’urgence qui doit se tenir, aujourd’hui, en Egypte pour discuter des développements de la question palestinienne, a indiqué l’APS, reprenant une source bien informée.
Le chef de l’Etat a ainsi chargé le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, de représenter l’Algérie à ce rendez-vous.
Selon la même source, cette décision intervient dans le contexte des déséquilibres et des lacunes qui ont entaché le processus de préparation de ce sommet, dans la mesure où ce processus a été monopolisé par un groupe limité et étroit de pays arabes qui ont accaparé la préparation des outcomes du prochain sommet du Caire sans aucune coordination avec le reste des pays arabes, qui sont tous concernés par la question palestinienne.
La source de l’APS a souligné que le Président Tebboune a éprouvé un sentiment d’insatisfaction par rapport à cette façon de faire, basée sur l’inclusion de pays et l’exclusion d’autres, comme si le soutien de la cause palestinienne était devenu aujourd’hui le monopole de certains et pas d’autres. Alors que la logique des choses a été et demeure toujours de consolider l’unité arabe et de renforcer le rassemblement de tous les pays arabes autour de la cause palestinienne qui reste leur cause centrale, d’autant plus que cette dernière est confrontée à des défis existentiels qui visent à s’attaquer au projet national palestinien dans son essence.
C’est-là l’approche que l’Algérie a toujours appelé à en faire le référant et la boussole, et notre pays continue de consacrer son mandat au Conseil de Sécurité à la défense de la cause palestinienne, une voix arabe qui dit la vérité, une voix arabe qui défend les droits des opprimés et une voix arabe qui n’attend aucune récompense ou reconnaissance de ses frères, mais qui se lamente et déplore l’état actuel de la nation arabe.
Non au fait accompli
La décision de ne pas participer à un sommet où les décisions ont déjà été prises en amont, est une réponse directe au mini sommet de Riyad, qui s’est tenu le 20 février dernier, et qui a rassemblé les dirigeants des pays du Conseil de Coopération du Golfe (l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, Oman et Bahreïn), ainsi que le Roi de Jordanie, le président égyptien et l’Irak. Une rencontre qui a balisé les contours de ce que sera le sommet d’aujourd’hui et qui a décidé d’ores et déjà de l’avenir de Ghaza qui se fera sans aucun doute, à croire les désidératas des pays normalisateurs, sans la Résistance palestinienne.
Sous le prétexte de s’opposer au projet de Trump de « déporter » le peuple palestinien en Égypte et en Jordanie, ces pays veulent servir Ghaza sur un plateau à l’entité sioniste, elle qui n’a pas réussi à vaincre la résistance armée après plus de 15 mois de génocide. Outre la reconstruction de Ghaza, la question de sa gouvernance pose problème.
Les pays arabes restent divisés sur cette question puisque «certains États sont pour que le Hamas disparaisse complètement sur le plan politique (EAU, Arabie Saoudite et Bahreïn), d’autres demandent un désarmement du Hamas (Egypte), et certains disent que le Hamas a un rôle à jouer aussi dans le jour d’après», a expliqué Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherches sur le monde arabe et méditerranéen à Genève.
Benyamin Netanyahu, le Premier ministre d’Israël, lui, ne veut ni du Hamas, ni de l’Autorité palestinienne pour contrôler la bande de Ghaza.
Alors que ce sommet du Caire devrait discuter de la deuxième phase du cessez-le-feu bloqué par Israël et ses menaces de reprendre le génocide ou de s’appesantir sur le massacre en cours des Palestiniens et leur déplacement forcé de Cisjordanie, ces pays n’ont de missions que d’assouvir les prétentions territoriales de l’ennemi commun.
T. Feriel
