Elle appelle à un cessez-le-feu immédiat au Soudan : La position d’Alger saluée

L’analyste politique soudanais, Dr. Mozamel Suleiman Hamad, a salué la position de l’Algérie et sa demande, formulée mercredi lors de sa présidence d’une réunion du Conseil de sécurité, pour un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel au Soudan. Il a qualifié cette position de pionnière, soulignant que l’Algérie a toujours défendu la nécessité de mettre fin à l’effusion de sang soudanais, versé au profit d’intérêts extérieurs et occidentaux. Il a ajouté que l’Algérie, sous la direction de son président, Abdelmadjid Tebboune, et grâce à sa diplomatie, joue un rôle clé au niveau arabe, régional et africain pour préserver l’unité du tissu social soudanais.
Lors de son intervention téléphonique dans l’émission « L’invité de l’Internationale » sur Radio Algérie Internationale, Dr. Mozamel Suleiman Hamad a souligné que le gouvernement légitime, à travers les forces armées soudanaises, soutient la position algérienne. Toutefois, sa mise en œuvre reste difficile en raison de la présence de forces rebelles qui n’ont pas d’autonomie de décision et qui sont manipulées par des intérêts étrangers cherchant à piller les richesses du pays. Il a insisté sur le fait que ces forces rebelles doivent d’abord évacuer les maisons et les biens qu’elles occupent après avoir déplacé des millions de civils, avant d’entamer tout dialogue ou négociation.
L’analyste a également affirmé que l’initiative algérienne devrait être portée devant les États qui alimentent le conflit dans le but d’exercer une mainmise sur le Soudan et de piller ses ressources.
Pour rappel, lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies, le représentant de l’Algérie, Toufik Koudri, a appelé à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel au Soudan, afin de préparer un véritable processus politique. Il a souligné que la résolution durable du conflit dans le pays nécessite la fin des ingérences étrangères.
A ce propos, M. Koudri a déclaré réitérer « notre appel à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel pour établir les bases d’un processus politique soudanais authentique. » En outre, le représentant algérien a averti que la région du Darfour et le Soudan en général sont confrontés à une escalade de la violence sans précédent, avec des risques d’expansion du conflit vers les pays voisins. Il a salué les récentes mesures prises par le gouvernement soudanais tout en insistant sur la nécessité d’améliorer l’accès humanitaire pour protéger la vie des civils.
M. Koudri a également souligné l’importance de garantir justice et responsabilité dans la résolution du conflit. Il a mis en avant la nécessité d’une complémentarité entre justice transitionnelle et efforts de paix, notamment au Darfour. Il a exprimé son soutien à l’adoption par le gouvernement soudanais d’un plan national de protection des civils, qui met l’accent sur l’État de droit et les droits humains. Le diplomate a insisté sur l’importance d’explorer tous les cadres disponibles pour établir une justice transitionnelle inclusive dirigée par des Soudanais.
Enfin, M. Koudri a prévenu que trouver une solution durable au conflit ne sera pas possible sans mettre fin aux ingérences étrangères au Soudan, réitérant ainsi l’appel de l’Algérie à condamner ces pratiques.
Par ailleurs, Dr. Mozamel Suleiman Hamad a averti que ces acteurs extérieurs cherchent clairement à diviser le Soudan en cinq États distincts, mais que les Soudanais sont désormais conscients de l’ampleur de ce complot. En dernier lieu, il a souligné que l’armée soudanaise commence à reprendre le contrôle de plusieurs zones de la capitale, notamment le Nord de Khartoum, et qu’elle s’oriente vers une reconquête complète de Khartoum et des autres grandes villes, comme cela a été le cas à Wad Madani, qui abrite le plus grand projet agricole d’Afrique.
T. Feriel

Bouton retour en haut de la page