Après l’arrestation d’un agent consulaire : La réponse « cash » d’Alger

Alger a décidé d’expulser 12 agents de l’ambassade de France, a rapporté, hier, le journal français, Le Figaro. Ils disposent de 48 heures pour quitter le territoire. Une mesure, inédite depuis 1962, qui concerne des personnels sous statut diplomatique.
« Les personnes expulsées sont toutes placées sous l’autorité de Bruno Retailleau. Cette décision cible donc le ministre français de l’Intérieur. Mais Paris n’aura pas d’autre choix que d’engager des mesures de réciprocité », a réagi une source française auprès du quotidien.
Pour sa part, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot a demandé aux autorités algériennes « de renoncer à ces mesures d’expulsion sans lien avec la procédure judiciaire en cours », dans une déclaration transmise à plusieurs médias hexagonaux, menaçant « d’y répondre immédiatement ».
Cette décision d’expulsion, que la diplomatie algérienne n’a pas encore commentée, intervient après la mise en examen et du placement en détention provisoire de l’un de ses agents consulaires en poste en France, dans le cadre d’une enquête judiciaire liée à l’affaire de l’activiste controversé Amir Boukhors, dit AmirDZ. Samedi, l’Algérie a exprimé officiellement ses vives protestations auprès de l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romate. Le ministère des Affaires étrangères a dénoncé, à cet effet, une « atteinte grave à la souveraineté algérienne ».
La même source a rejeté catégoriquement les justifications avancées par le parquet antiterroriste français, qui fonde sa décision notamment sur la géolocalisation du téléphone de l’agent consulaire à proximité du domicile d’Amir Boukhors. Un argument qualifié de « vermoulu » et « farfelu » par Alger, qui y voit une manœuvre politique plus qu’une action judiciaire fondée.
En effet, ce n’est pas la première fois que la justice française est instrumentalisée à des fins politiques, n’hésitant pas à la faire intervenir dans des dossiers sensibles à l’image des relations bilatérales entre Alger et Paris. Un ministère qui se transforme en véritable levier de chantage lorsqu’il s’agit de l’utiliser comme moyen de pression contre un gouvernement étranger. L’exemple de Bouchouareb que cette même justice a refusé d’extrader malgré ses nombreuses condamnations en Algérie pour des affaires de droits de commun et au détriment des traités entre les deux pays.
Et lorsqu’on connaît l’identité des deux ministres français aux manettes de la Justice et de l’Intérieur, respectivement Moussa Darmanin et Retailleau, deux figures de la droite conservatrice, on est en droit de s’interroger sur le crédit à donner aux déclarations du préfet de police de Paris Laurent Nuñez qui a affirmé à une certaine presse française qu’ »il n’y a pas d’instruction politique reçue par les effectifs de police, en l’occurrence, les miens, sous l’autorité de la justice ».
Par ailleurs, des partis politiques et des organisations ont dénoncé la décision de Paris de placer en détention provisoire un des agents consulaires algériens, la qualifiant de « violation des usages diplomatiques ».
S.O
