Une gastronomie qui parle au cœur et à l’esprit: Immersion dans les restaurants turcs

De nombreuses enseignes de restauration turque ont vu le jour ces dernières années à Oran. De Keyfi Mangal au boulevard Millénium, au Barbarossa, dans la rue Abbane Ramdane, en passant par Chef Assad- Steak Land, à la résidence Hasnaoui, ou encore chez Hocine le Turc, qui tient le célèbre restaurant Mohanad dans la rue Khemisti, les restaurants turcs rivalisent d’ingéniosité pour attirer et fidéliser les gourmands.

La culture turque a conquis le cœur de nombreux oranais, et il en va aussi et surtout pour la gastronomie. Des traditions culinaires variées se sont amalgamées pour créer une cuisine ottomane unique en son genre, où il y en a pour tous les goûts. Quand on parle de cuisine turque, on pense presque toujours au kebab. Et à juste titre, parce que ce dernier est devenu l’une des principales exportations culturelles de la Turquie. On trouve un vendeur de kebab dans de nombreux quartiers d’Oran, qui ne sont pas forcément tenus par des turques. «C’est une gastronomie qui parle au cœur, à l’esprit et au ventre. Sa grande variété évoque un passé où la coexistence multiculturelle était de norme, et où un premier gage d’amitié était souvent culinaire», estime Hassina, une oranaise mariée à un cuisinier turc qui travaille comme dans le restaurant Mohanad, situé dans la rue Khemisti.
Les Oranais et les visiteurs d’El Bahia découvrent ainsi le riche patrimoine culinaire turc allant du bouquet des différents arômes, aux pommes de terre qui mijotent, en passant par la viande grillée, le sirop de sucre en ébullition et une foule d’autres effluves. Les odeurs des différents plats en train d’être cuisinés alors que la journée touche à sa fin complètent souvent harmonieusement le spectacle de la ville. Les sandwiches d’origine turque, à base d’ingrédients de qualité, se multiplient dans la capitale de l’Ouest. Sensation street food de l’été, le kebab revu et corrigé par le chef Izmir reste un modèle du genre.
A la cité Akid Lotfi, un restaurant turc propose de la viande de veau de lait marinée et cuite à la broche accompagnée, au choix, de sauce blanche (fromage blanc, raifort), verte (pulpe de tomate verte, piment vert, oignons doux), petits pois (petits pois, menthe, cumin et citron), tahina (aubergine, fromage blanc, tahina) ou encore fourrée dans une galette maison cuite sur place. Les prix vont de 1.500 à 4.000 dinars pour les plats les plus élaborés. Une autre micro-échoppe turque à la devanture orangée qui vient de s’implanter dans cette cité se remarque à la file de gourmands venus déguster ses excellents lahmacuns (une sorte de pizza turque à la viande hachée, herbes et légumes) et ses dürüms top qualité (de fines galettes enroulées). La pâte est cuite au feu de bois à l’avant du magasin, tandis que les brochettes d’agneau, de poulet ou de viande hachée grillent à l’arrière sur des braises, ravivées à l’aide… d’un sèche-cheveux ! Pas de sauce en sus, ni de frites, juste des oignons rouges, de la salade, des tomates et des herbes. La file d’attente qui s’y forme à l’heure du déjeuner ne trompe pas sur la réputation acquise par l’établissement.
Un autre restaurant familial perpétue fraîcheur des ingrédients et qualité des recettes, dans la plus pure tradition du kebab. La poitrine de veau marinée 24 heures est cuite à la broche puis découpée au couteau, avant de se lover dans une fine galette pétrie et cuite sur place et de se parer d’herbes rafraîchissantes, d’épices parfumées (sumac) et de sauce maison. Mais attention, tous ces plats succulents sont à consommer avec modération car ils sont très riches en graisses insaturées qui sont mauvaises pour la santé.
G. Salima

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