De plus en plus de saisies effectuées: La guerre des psychotropes

Ces dernières années, les saisies de comprimés psychotropes défrayent la chronique sécuritaire du pays tant par leur quantité que leur fréquence. Le pays se retrouve inondé de stupéfiants venant des frontières Sud du pays.
Ainsi, le service central de lutte contre le trafic illicite des stupéfiants (SCLTIS) a procédé, la semaine dernière, au démantèlement d’un réseau criminel dangereux et à la saisie de plus de 250.000 comprimés psychotropes, a indiqué jeudi dernier un communiqué de la sûreté nationale. Selon ce dernier, ce réseau prévoyait de faire passer une importante quantité de drogues depuis les wilayas du Sud du pays vers le Nord.
Les investigations menées par les enquêteurs du SCLTIS, sous la supervision du parquet compétent du tribunal de Ouargla, ont permis l’arrestation du cerveau de cette bande et la saisie de 252.000 comprimés de type Prégabaline 300 mg fabriqués à l’étranger. Les mis en cause ont été déférés devant le procureur de la République près le tribunal de Ouargla pour « trafic illicite de comprimés psychotropes et blanchiment d’argent au sein d’un groupe criminel organisé », selon la même source.
Par ailleurs, plus de 36.000 comprimés psychotropes ont été saisis et six individus ont été arrêtés par les services de la Sûreté urbaine de la wilaya de Tamanrasset. L’opération a été menée suite à des informations selon lesquelles un individu s’adonnait à un trafic de comprimés psychotropes dans un quartier de la ville de Tamanrasset, lequel a été identifié et interpellé avec en sa possession 4.635 comprimés psychotropes. Derrière l’individu, un réseau criminel a révélé l’enquête qui s’est soldée par l’arrestation de cinq complices, dont un étranger, et la saisie de 31.455 comprimés psychotropes dissimulés au domicile de l’un des suspects.
Le 8 janvier 2024, les éléments du Groupement de la Gendarmerie nationale d’El Oued avaient saisi un million de comprimés psychotropes de type Prégabaline 300 mg de fabrication étrangère et arrêté quatre personnes.
12 jours plus tard, la Gendarmerie nationale avait annoncé l’arrestation d’un présumé trafiquant et la récupération de 140.700 comprimés de psychotropes du même type, dans le cadre d’une investigation menée par les éléments de la Section de recherche de la Gendarmerie nationale de Bir El-Aâter à Tébessa.
Le même mois, les éléments de la Sûreté des wilayas d’El Oued et de Tamanrasset avaient procédé au démantèlement de deux réseaux criminels spécialisés dans le trafic de stupéfiants et à la saisie de plus de 612.345 gélules de Prégabaline 300 mg.

Une demande croissante

Cinq présumés trafiquants ont été arrêtés lors de cette opération. Quelques jours plus tôt, les éléments du Service central de lutte contre le crime organisé (SCLCO) avaient réussi, dans le cadre d’une affaire criminelle, à démanteler un dangereux réseau activant entre Hassi Messaoud et Oran et procédé à la saisie de 307.000 capsules de type Pregabaline.
En outre, les éléments de la Police des Frontières (PAF) relevant de l’Aéroport international Houari Boumediene (Alger) avaient procédé, le 2 janvier dernier, en coordination avec les services des Douanes algériennes, à la saisie de 24.790 comprimés d’ecstasy et à l’arrestation de trois présumés membres d’un réseau criminel international de contrebande et de trafic illicite de drogues, qui étaient sur le point de faire passer leur marchandise à travers un vol en provenance de France, c’est ce qu’avait annoncé un communiqué de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN).
Au cours des 9 premiers mois de 2023, les différents services de lutte contre les stupéfiants relevant de la Sûreté nationale ont saisi plus de huit millions de comprimés psychotropes à l’échelle nationale.
En une décennie ou un peu plus, la consommation des psychotropes a pratiquement explosé dans le pays, touchant essentiellement la frange juvénile de la société. Une véritable industrie s’est mise en place inondant le marché national et provoquant une série de drames parmi ses adeptes. Pour Mourad, 23 ans, fin connaisseur des mécanismes de ce trafic, le contact avec la drogue se fait généralement pendant l’adolescence pendant les années collèges et lycées. « Au début, c’est toujours gratuit, on t’offre un cachet ou deux pour voir quel effet ça fait puis, progressivement, on fini par tomber dans l’engrenage de la dépendance », explique-t-il. Les produits les plus connus parmi les consommateurs sont la Prégabaline qu’on appelle Lyrica ou Saroukh dans le milieu. Il possède plusieurs dérivés aux appellations plus qu’improbables comme « taxi », « milka » ou « CRB ».
Mourad indique également que son prix, 1000 dinars les trois comprimés l’a « démocratisé » parmi les junkies. C’est un médicament utilisé dans le traitement des douleurs neuropathiques, de l’épilepsie et du trouble anxieux généralisé. Ses effets les plus notables sont l’étourdissement, la somnolence et les troubles du comportement ou un sentiment euphorique ou confus selon la réaction de chacun au médicament ainsi que des troubles neurologiques comme des tremblements et des gestes désordonnés entre autres manifestations.
Le Tramadol, un antalgique calmant la douleur, est également prisé par les consommateurs de psychotropes. Un produit coupable d’une dégradation physique du consommateur leur causant de terribles migraines. Le Tramadol a également d’autres effets secondaires notamment les démangeaisons. Son prix, 300 dinars l’unité, attire de plus en plus d’amateurs parmi les jeunes dont certains sont obligés de voler pour acheter leur drogue.
L’autre produit phare, consommé surtout lors de soirées festives, est la MDMA, plus connue sous le nom d’ecstasy, halwa ou domino, une drogue de synthèse dérivée des amphétamines. A 1500 dinars le comprimé, elle reste relativement chère mais rencontre beaucoup de succès auprès des fêtards.
S.O

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