Dédié aux proverbes algériens : Mohammed Berrached signe un nouvel ouvrage

Un nouvel ouvrage intitulé « Le proverbe algérien dans la culture d’entreprise » vient d’être publié aux éditions Dar El-Qods El-Arabi basées à Oran. Il est signé par Mohammed Berrached, ancien cadre d’une entreprise publique, actuellement à la retraite.

L’auteur évoque l’utilité que peuvent avoir les proverbes algériens dans le management, la formation et dans la communication d’entreprise. « En tant que genre de tradition orale, le proverbe algérien a plusieurs fonctions. Nous avons d’abord lancé une réflexion ergonomique sur l’applicabilité de données traditionnelles dans un environnement technique moderne. Dans le management, le proverbe algérien peut aussi bien servir de soutien à la motivation que d’appui à la stratégie de négociation », affirme l’auteur.
« Le proverbe algérien est convoqué pour jeter une passerelle vers le monde moderne car, en tant qu’entité de la tradition orale, il porte en lui les éléments fondamentaux de l’apprentissage multidisciplinaire. Dans la communication, il est un facilitateur d’assimilation des savoirs, et un vecteur de rapprochement entre les individus d’une même communauté, voire d’une même corporation », poursuit-il.
Mohammed Berrached explique comment créer un lien entre « la dimension de partage intrinsèque à la mémoire collective comme matière à l’exploitation des proverbes » et le monde entrepreneurial. « Tout au long de notre expérience dans la formation, nous avons pu constater que le proverbe se prête naturellement et facilement à expliciter de façon très succincte une situation, un concept ou un problème. Je dirai même surtout que, dans les situations complexes, les algériens communiquent souvent en utilisant le proverbe. La transposition de ce réflexe dans la sphère entrepreneuriale prônée est plus une question de volonté que de faisabilité », souligne-t-il.

Des pistes pour les chercheurs

« Cet ouvrage propose une série de pistes et invite les chercheurs à s’y intéresser pour une analyse plus complète, profondément scientifique et, pourquoi pas, déboucher sur une modélisation de son utilisation comme matière à l’exploitation dans l’entreprise », dit-il.
Mohammed Berrached estime qu’« au vu de la déperdition des repères culturels communs qui nous rattachent à la nation, l’exploitation de notre patrimoine culturel et l’emploi de ses différents genres, les proverbes dans le cas de ce travail, dans autant de domaines que possible, n’est plus un choix mais un impératif qui contribuera à la survie de la personnalité algérienne » «Le proverbe traverse les âges et transcende les cultures, d’où l’impérativité de son intégration, ou du moins de l’encouragement à son utilisation afin de se réapproprier un patrimoine qui contribuera à la pérennité, sinon à l’épanouissement de la personnalité algérienne », plaide l’auteur. Pour ce dernier, « la nécessité de se réapproprier, voire réacquérir un pan de notre patrimoine culturel coagulé dans la tradition orale est plus un moyen qu’un but ultime pour assumer notre identité ». Et d’ajouter : « L’ouvrage évoque une thèse simple : doté de sa propre culture, l’algérien peut s’ouvrir à toutes les autres, langues comprises, sans y être assujetti. Ce principe d’ordre anthropologique évite à l’individu de se trouver face à des vides qu’il comblera avec les premiers éléments de culture qu’on lui propose, surtout que les réseaux sociaux aujourd’hui pullulent d’énoncés historiques, géographiques, ethnographiques, économiques, culturels, politiques douteux et tendancieux ».
Et de conclure : « La seule prise de conscience de ce que nous avons identifié comme du ‘fake-lore’ contribuera à communiquer avec d’autres savoirs à travers des canaux exempts de bruits, et à transmettre les nôtres dans des conditions de compréhension optimales d’accès à la norme de l’universalité ».
G. Salima

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