Ils dirigent le trafic de drogue depuis le voisin de l’Ouest : Ces narcos algériens au Maroc

De nombreux trafiquants de drogue algériens se sont refugiés au Maroc : B. Aziz alias «Cachir», les frères «K» cités dans plusieurs affaires dont celle des 82 kg de cocaïne saisis près des îles Habibas en 2017, sont quelques-uns de ces narcotrafiquants qui dirigent leurs affaires à partir de l’étranger.
Cité dans plusieurs procès de trafic de drogue comme étant le principal fournisseur de cocaïne pour des barons activant en Algérie, M. Sid-Ali, alias «Baghrira», âgé de 34 ans et natif d’Oran, s’est réfugié au Maroc d’où il gère ses affaires. L’homme, qui a pris la fuite en 2018 a, par trois fois (au moins), été condamné à la prison à perpétuité par contumace par la justice algérienne qui l’a reconnu coupable de trafic de drogue en bande organisée. «Baghrira» a, en effet, été cité dans trois procès pour trafic de stupéfiants qui se sont tenus devant le tribunal criminel de la Cour d’Oran. Les accusés impliqués l’ont tous désigné comme étant un important fournisseur de cocaïne, même après avoir fui l’Algérie pour s’établir au Maroc.
C’est en pleine période du Coronavirus que les affaires impliquant «Baghrira» ont éclaté. La première remonte au début du mois de juin 2019 suite à des informations parvenues aux services de la Brigade de Recherches et d’Investigations (BRI) de la sûreté de wilaya d’Oran faisant état de l’existence d’un important réseau de trafic de drogue dur dirigé par deux Algériens : l’un dénommé Dj. Areslan, activait en Algérie, tandis l’autre, nommé M. Sid Ali, alias «Baghrira», veillait sur le trafic à partir du Royaume chérifien. Toujours d’après les informations en possession des services de sécurité, ces narcotrafiquants devaient envoyer une importante quantité de cocaïne depuis le Maroc vers l’Europe en passant par l’Algérie. Des investigations sont alors lancées et un certain Y. Kada, âgé de 43 ans, apparaît dans les radars de la police d’Oran qui le met sous surveillance après qu’il a été déterminé que la Hundaï Accent, appartenant à son père, avait déjà été utilisée pour le transport de la cocaïne. La surveillance conduit également à l’identification d’un second complice présumé, un certain B. Kada, âgé de 44 ans, qui se trouvait souvent en compagnie de Y. Kada.
« Baghrira », « Cachir » et les autres
Le 9 juin 2019, ayant confirmé l’arrivée de la cocaïne à Oran et s’étant assurés qu’elle se trouvait entre les mains des deux «Kada», la BRI décide de procéder aux arrestations avant que la drogue ne soit mise sur le marché. A 18h, ce dimanche-là, les éléments de la brigade de recherche et d’intervention interceptent la voiture de Y. Kada dans le quartier de Saint-Eugène : le chauffeur, B. Kada et un troisième complice présumé, B.C Amine, tenteront vainement de prendre la fuite. La perquisition du véhicule permettra de saisir la quantité de 3,281 kg de cocaïne et 59.583 comprimés d’ecstasy.
Lors du procès qui a eu lieu quelque temps plus tard, dix mis en cause ont été jugés pour trafic de drogue en bande organisée. Mais Dj. Arselane qui a réussi à prendre la fuite, et M. Sid-Ali, dit «Baghrira», ne se trouvaient pas dans le banc des accusés. Huit mis en cause seront condamnés à 15 années de réclusion criminelle tandis que les deux fuyards ont écopé de la prison à perpétuité par contumace. Ce jour-là, tous les prévenus ont désigné «Baghrira» comme étant le véritable cerveau de la bande et le fournisseur de la cocaïne.
La deuxième affaire de trafic de cocaïne où «Baghrira» a été cité comme l’acteur principal se révèle deux années plus tard, soit en juillet 2021. Là aussi, ce sont des informations parvenues aux services de sécurité sur un réseau de trafic de stupéfiants dans la banlieue Est d’Oran qui a lancé la machine policière sur les traces d’un premier suspect, B. Lakhdar, 37 ans. L’homme était soupçonné de détenir de la cocaïne en provenance du Maroc. Le 7 juillet, les enquêteurs interpellent le suspect qui se trouvait à bord d’un véhicule : la fouille de la voiture a permis la découverte 1.656.000 de dinars que l’on a supposé provenir de la revente de la drogue. La perquisition de son domicile, sis à la Cité des 182 logements LPA, à Belgaid, se soldera par la saisie de 7,400 kg de cocaïne et 18 kg de résine de cannabis dans un sac noir caché dans les sanitaires. Confronté aux faits, B. Lakhdar ne fait aucune difficulté pour reconnaitre faire partie d’un réseau de trafic. Il soulignera cependant que son rôle se limitait au transport et au stockage de la marchandise, niant l’accusation de commercialisation. Dans ses déclarations, il dira que le fournisseur de la cocaïne est un certain «Baghrira» avec lequel il avait assuré cinq opérations de transport de quantités de cocaïne de 1 à 8 kilogrammes. Quant aux revenus, il indiquera qu’il les remettait à un dénommé Mustapha qui réside au quartier de «Hayat Regency».
Des perpétuités par contumace
Dans cette affaire, les investigations ont conduit à l’arrestation de 11 accusés qui ont été jugés par la cour d’Oran et condamnés à des peines allant de 4 à 10 ans de prison ferme. Quatre suspects en fuite, dont «Baghrira» n’ont pas été arrêtés et ont été condamnés à la prison à perpétuité par contumace.
Quant à la troisième affaire, elle porte sur la quantité de 10 kg de cocaïne et 72 kg de kif. Cette affaire a éclaté suite à des informations qui sont parvenus aux éléments de la BRI, de la sûreté de wilaya d’Oran. Ces informations portaient sur un certain «Tayeb» qui se préparait à convoyer une importante quantité de stupéfiants de Msila à Oran. Les investigations lancées ont permis de déterminer que le suspect était déjà à Oran et s’apprêtait à quitter l’hôtel dans lequel il était descendu. Il sera arrêté à sa sortie de l’établissement à bord d’une Renault 19 dans laquelle se trouvaient effectivement 10 kilogrammes de poudre blanche. L’enquête qui a suivi a permis d’arrêter trois autres suspects et de saisir 72 kg de kif traité et 60 grammes de cocaïne.
Interrogés, «Tayeb» expliquera qu’au cours du mois de novembre 2021 il s’était rendu à Tamanrasset où il avait rencontré un individu qui l’a chargé du transport des 10 kg contre la somme de 38.000 DA.
C’est là aussi que la fameux «Baghrira» a été cité comme étant un des plus importants maillons de l’affaire. Et comme lors des procès des précédentes affaires, les accusés présents à l’audience seront condamnés à différentes peines de prison tandis que le fournisseur établi au Maroc écopera d’une troisième perpétuité par contumace avec mandat d’arrêt international.
Comme M. Sid-Ali, d’autres barons de trafic de drogue ont également pris refuge au Maroc : B. Aziz alias «Cachir» ou les frères «K» qui ont été cités dans plusieurs affaires dont celle des 82 kg de cocaïne saisis près des îles Habibas en 2017, sont quelques-uns de ces barons du trafic de stupéfiants dirigent leurs affaires à partir de l’étranger.
Zemmouri L.
