L’obésité en Algérie: Des proportions alarmantes

Selon les données avancées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’obésité a atteint des proportions alarmantes en Algérie. « 30 % de femmes, 14 % d’hommes et environ 10 % d’enfants souffrent d’obésité », d’après les chiffres avancés par l’OMS. Une réalité préoccupante qui a incité le ministère de la Santé à annoncer le lancement imminent d’un Plan national de lutte contre l’obésité.
Dans le cadre du deuxième Congrès international de la Société algérienne d’obésité et maladies métaboliques (SAOMM), le ministre de la Santé, Abdelhak Saïhi a souligné l’urgence de combattre ce fléau par le biais d’une approche exhaustive axée sur la prévention et la sensibilisation.
« La lutte contre ce phénomène exige une approche globale qui inclut l’éducation nutritionnelle, la promotion de l’activité physique et la sensibilisation du public, ainsi que le lancement d’un plan national de lutte contre l’obésité », a déclaré M. Saïhi, en soulignant cinq axes majeurs pour contrer cette problématique.
Il a mis l’accent sur la nécessité de favoriser la production d’aliments sains, de promouvoir l’exercice physique et de cultiver des habitudes alimentaires équilibrées pour prévenir ce phénomène dont les chiffres sont en constante augmentation.
Précisant que l’obésité est devenue un « problème de santé publique », le ministre a fait référence à une étude menée par l’OMS en Algérie, démontrant une prévalence de « 30 % chez les femmes, 14 % chez les hommes et environ 10 % chez les enfants ». Les résultats des campagnes de dépistage pratiquées lors de la première « Semaine nationale de prévention » ont également révélé une augmentation significative de l’obésité, en particulier chez les personnes âgées de 0 à 49 ans, dont les femmes représentent la majorité, justifiant ainsi l’urgence de traiter cette condition définie comme une « augmentation excessive de la quantité de graisse corporelle ».
Le ministre a également mis en garde contre les conséquences de l’obésité, notant qu’elle peut entraîner d’autres maladies telles que le diabète, les accidents vasculaires cérébraux, le syndrome d’apnée du sommeil, l’hypertension artérielle, ainsi que des troubles psychologiques et sociaux.
Un défi mondial et une préoccupation locale
Les résultats d’une étude menée par l’OMS à Tébessa offrent un aperçu de la situation locale concernant le surpoids et l’obésité chez les enfants. Cependant, il est important de placer cette problématique dans le contexte mondial de l’obésité, qui est devenu un défi de santé publique majeur à l’échelle internationale.
Les données recueillies dans l’étude locale montrent que le surpoids et l’obésité touchent une proportion non négligeable d’enfants à Tébessa, mais les taux restent inférieurs à ceux observés dans de nombreux pays développés. Cependant, il est essentiel de se rappeler que l’obésité est devenue un problème de santé publique mondiale, touchant les pays développés et en développement, ainsi que les populations de tous âges.
Le rythme alarmant de la progression de l’obésité dans le monde est une source de souffrance. Les conséquences pour la santé sont nombreuses et variées, allant d’un risque cumulé de décès prématuré à des maladies non mortelles, mais qui peuvent avoir des effets indésirables sur la qualité de vie. L’obésité est un facteur de risque majeur pour de nombreuses maladies non transmissibles, notamment le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires et certains types de cancer. De plus, elle est associée à des problèmes psychosociaux, ce qui ajoute une dimension complexe à ce défi de santé publique.
L’obésité n’est plus un problème exclusivement américain, bien que les États-Unis aient connu une augmentation significative de l’obésité au cours des dernières décennies. Les chiffres alarmants montrent que 30 % des jeunes américains sont en surpoids, dont 17 % sont obèses, et parmi eux, un tiers sont considérés comme super obèses, une augmentation de 60 % en seulement 10 ans.
En outre, l’obésité semble être en augmentation préoccupante dans les pays en développement. Des études menées dans des pays d’Afrique du Nord comme l’Égypte, la Tunisie et l’Algérie révèlent des taux de prévalence de l’obésité chez les enfants, bien que ces chiffres puissent varier d’une région à l’autre.
Plan national stratégique
Malheureusement, il est difficile d’obtenir des données actuelles et complètes sur la prévalence de l’obésité dans de nombreux pays, y compris l’Algérie, en raison du manque d’études et de ressources dédiées à cette question. Cependant, il est important de reconnaître l’importance de la surveillance et de la recherche pour mieux comprendre l’ampleur du problème.
L’étude menée à Tébessa illustre la nécessité de prendre en compte la prévalence de l’obésité, même dans des régions où les taux sont relativement bas par rapport à d’autres pays. L’adoption de modes de vie sains, la promotion de l’activité physique et une alimentation équilibrée sont des mesures clés pour prévenir l’obésité et ses conséquences pour la santé.
La lutte contre l’obésité est un enjeu mondial qui nécessite une action collective à tous les niveaux de la société, de la sensibilisation du public à la promotion de politiques et d’initiatives visant à encourager des modes de vie plus sains.
En novembre 2022, le président de la SAOMM, le Pr. Ammar Tebaibia avait déjà mis en garde contre une recrudescence en Algérie du phénomène de l’obésité, désormais répandu chez les adultes et les enfants, en raison du changement du mode de vie.
Dans une déclaration à l’APS en marge du 1er congrès sur l’obésité et les maladies métaboliques, il avait souligné que les services des consultations médicales enregistrent quotidiennement une affluence considérable de « malades souffrant d’obésité, qui figure désormais parmi les maladies répandues, d’où la nécessité de lui accorder une importance particulière ».
Dans ce cadre, il a appelé à « élaborer un plan national stratégique de lutte contre cette maladie qui induit une augmentation des coûts et pèse sur le système de santé et l’économie nationale, citant les coûts des examens médicaux supplémentaires et des analyses biologiques. Si des mesures urgentes ne sont pas prises, le phénomène touchera 46 % de femmes et 14% à 30 % d’hommes d’ici 2030.
B. Bakhta
