Bousfer et El Ançor : Des eaux épurées pour l’irrigation agricole

Dans un contexte de détresse hydrique, la préservation des ressources en eau devient une priorité. Ainsi, la réutilisation des eaux usées traitées émerge comme une solution pour atténuer les pressions sur la ressource, à condition d’être associée à de vraies mesures de sobriété.
C’est l’idée phare du projet du transfert des eaux à partir de la station d’épuration d’Aïn El Türck destiné à l’irrigation des périmètres agricoles de Bousfer et d’El Ançor. Ce projet qui sera mis en service dès janvier prochain, prévoit également la réalisation d’un réservoir de stockage des eaux usées épurées d’une capacité de 3000 m3 à Bousfer. « L’entreprise chargée de la réalisation du restant des travaux dispose d’un délai de trois mois pour livrer ce projet », affirme la direction des ressources en eau qui vient de mobiliser un budget d’un peu plus de 43,2 millions de dinars pour financer ce projet.
En agriculture, cette solution permet à la fois de moins prélever d’eau et, plus surprenant, d’utiliser moins d’engrais. « L’eau usée traitée est, en effet, plus riche en éléments nutritifs que l’eau brute généralement utilisée. De ce fait, la réutilisation des eaux épurées s’apparente à une fertilisation des sols, une technique d’irrigation contenant des fertilisants solubles », explique un ingénieur agronome. L’objectif principal et plus facilement atteignable est que l’eau traitée soit utilisable en agriculture, qui représente environ 70% de la demande de cette ressource. La marge de progression est énorme. A côté des usines de dessalement, les stations d’épuration permettent de satisfaire les besoins en puisant moins dans les nappes phréatiques.
Dans la wilaya d’Oran, le défi est gigantesque: 80% des eaux usées sont rejetées sans traitement, ce qui aboutit à répandre dans la nature des bactéries, des nitrates, des solvants chimiques, des médicaments et autres polluants toxiques. Dix projets de stations d’épuration des eaux usées (STEP) sont inscrits dans le programme de la direction des ressources en eau de la wilaya d’Oran, visant à éradiquer les rejets des eaux usées en mer et dans les zones humides. «Les stations d’épuration en cours de réalisation à Oran, seront dotées, à moyen terme, de dispositif de traitement tertiaire qui permet une augmentation du potentiel hydrique de réutilisation dans divers secteurs», indique-t-on à l’Office national d’assainissement (ONA). «Les études de maturation sont lancées à l’instar de l’étude générale de réutilisation des eaux usées épurées aux fins d’utilisation agricole et industrielle», assure l’ONA, détaillant que l’objectif étant «la mise en place de la carte de réutilisation par bassin hydrographique qui tient compte du bilan hydrique, de la vocation et des spécificités de la région».
G. Salima
