Sécurité alimentaire : Les restaurateurs sous haute surveillance

Face aux nombreuses infractions régulièrement relevées, alimentant les intoxications alimentaires, le gouvernement vient de promulguer une nouvelle réglementation imposant à tous les établissements de restauration, de respecter des exigences sanitaires strictes. Pour les consommateurs, cette évolution représente une avancée dans la protection de la santé publique. En réaction, l’association de protection APOCE a salué la promulgation de cette nouvelle législation sur sa page Facebook.
Pour elle, « en instaurant ces règles, l’Algérie franchit un cap vers une meilleure hygiène alimentaire, alignée avec les standards internationaux ». Entrée en vigueur le 7 mai 2025, le nouveau texte, issu d’un décret interministériel, impose à tous les établissements de restauration, qu’ils soient fixes ou ambulants, de respecter des exigences sanitaires strictes, dans le but de renforcer la sécurité et la qualité de l’offre alimentaire pour les consommateurs. Cet arrêté fixe des règles d’hygiène contraignantes pour tous les établissements de restauration (commerciaux, sociaux, mobiles, ou de distribution automatique). Ce texte actualise le cadre réglementaire, en remplacement de textes partiels comme le décret exécutif n° 17-140 de 2017 sur l’hygiène des denrées alimentaires. Il s’inscrit dans une dynamique de modernisation alignée sur les standards internationaux. Ce décret généralise l’application des bonnes pratiques d’hygiène (BPH) par les restaurateurs, à travers un ensemble de règles visant à prévenir les intoxications alimentaires.
Parmi ces exigences, figurent le maintien de la propreté des locaux et des équipements, la formation continue du personnel en hygiène et sécurité alimentaire et la gestion rigoureuse des déchets. La loi exige aussi la protection contre les substances nuisibles et la surveillance stricte des vecteurs de contamination, notamment la chaîne du froid. Ces mesures viennent encourager les professionnels à intégrer une culture sanitaire stricte dans leurs pratiques quotidiennes.
Parallèlement, le décret rend obligatoire l’implémentation d’un plan de maîtrise sanitaire qui impose aux exploitants d’identifier et d’évaluer les dangers potentiels liés à leurs activités, de définir des procédures opérationnelles de contrôle (nettoyage, désinfection, traçabilité) et d’instaurer des actions correctives en cas de contrôle défaillant. La loi exhorte aussi les établissements de consigner des enregistrements (températures, nettoyages, formation du personnel, alertes…). Ces outils font désormais partie intégrante du quotidien des restaurateurs, fixés comme obligation légale. L’objectif est d’assurer que chaque plat servi soit produit dans des conditions sanitaires irréprochables.
Le décret s’applique à tous les établissements alimentaires qu’ils activent dans la restauration fixe, la restauration traditionnelle, les cafés, les snacks, etc, mais aussi la restauration ambulante, les étals sur les marchés. Chaque professionnel est désormais tenu de disposer de son plan de maîtrise sanitaire, actualisé et disponible lors de tout contrôle sanitaire ou administratif.
Pour les restaurateurs, cela implique investissement et rigueur : formation, adaptation des locaux, maintenance, puis gestion administrative de la documentation sanitaire. Pour l’État, la réussite de ce dispositif dépendra désormais de la cadence et de l’efficacité des contrôles, ainsi que du soutien apporté aux professionnels, notamment aux plus petits, pour respecter les nouvelles obligations. Le défi à venir consistera à accompagner la profession vers leur application effective, afin de garantir des repas sains et sûrs pour tous les Algériens.
G. Salima
