Sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et 2: Alger exprime sa « profonde inquiétude »

L’Algérie a exprimé, vendredi, par la voix de son Représentant permanent auprès des Nations unies, Amar Bendjama, sa « profonde inquiétude » concernant l’acte de sabotage délibéré des gazoducs Nord Stream 1 et 2.
Intervenant au cours d’un briefing au Conseil de sécurité de l’ONU sur « les menaces auxquelles se heurtent la paix et la sécurité internationales », M. Bendjama a souligné que « deux ans après ce grave incident qui a menacé la paix et la sécurité internationales, les auteurs de cet acte n’ont toujours pas été identifiés, ni présentés à la justice ».
Grâce aux enquêtes menées par les autorités compétentes en Allemagne, en Suède et au Danemark, a poursuivi M. Bendjama, « le Conseil a été informé que les dommages subis par les gazoducs étaient dus à un acte de sabotage délibéré ».
Alors que l’enquête diligentée par les autorités allemandes « est toujours en cours », le Représentant permanent de l’Algérie a souhaité que la lumière soit faite sur cet incident délibéré. A ce titre, M. Bendjama a affirmé que la sécurité des installations énergétiques transfrontalières était « vitale et ne peut être menacée en toute circonstance », relevant que leur sabotage « impacte les approvisionnements en énergie, non seulement pour des millions de personnes, mais aussi pour des secteurs vitaux tels la santé, l’agriculture, la production alimentaire et les transports ».
Il a également réaffirmé « le soutien total de l’Algérie aux enquêtes en cours menées par l’Allemagne et à tout effort international à l’avenir, notamment sous l’égide des Nations Unies », relevant qu’il « est important de poursuivre les auteurs de ces actes en justice ».
Bendjama a, en outre, indiqué que « l’importance stratégique des infrastructures transfrontalières les expose à des menaces et à des facteurs de vulnérabilité multiples, d’où la nécessité de les protéger en vue de garantir la sécurité de la production, du transport et de la distribution de l’énergie ».
Et de conclure que le renforcement de la coopération régionale et internationale « est essentiel pour assurer la prévention, la protection, l’atténuation, la préparation et l’enquête en temps opportun sur les attaques contre les infrastructures énergétiques vitales ».
Les récentes révélations concernant le sabotage des gazoducs Nord Stream, survenu le 26 septembre 2022, soulèvent de nombreuses questions et suscitent des spéculations quant à l’identité des responsables.
Pour rappel, le sabotage a eu lieu en mer Baltique, entraînant d’importantes fuites de gaz sur les gazoducs Nord Stream 1 et 2, qui transportent le gaz russe vers l’Europe. Des explosions sous-marines avaient été détectées, indiquant un acte délibéré. Les autorités danoises et suédoises ont confirmé que les fuites étaient dues à des explosions correspondant à l’utilisation de « centaines de kilos » d’explosifs.
Selon un rapport du Wall Street Journal, un groupe d’hommes d’affaires et de militaires ukrainiens aurait élaboré un plan pour attaquer les gazoducs en mai 2022, avec l’approbation initiale du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Cependant, cette opération aurait été suspendue sur demande de la CIA. Cependant et malgré l’ordre d’arrêt, l’opération aurait été poursuivie, impliquant un équipage déguisé en plaisanciers utilisant un voilier pour placer des explosifs.
En conclusion de son enquête, la justice allemande a émis un mandat d’arrêt contre un plongeur ukrainien, identifié comme Volodymyr Z., soupçonné d’être impliqué dans le sabotage avec deux autres compatriotes.
Les autorités ukrainiennes ont nié toute implication dans le sabotage. Volodymyr Zelensky et d’autres responsables ont qualifié les accusations de « non-sens » et ont affirmé que cela nuirait à leurs relations avec les alliés occidentaux.
Synthèse R.N
