Ce que j’en pense: Ghaza, the year after

Par Moncef Wafi

Une année. Le 7 Octobre a changé la face du monde. La Résistance palestinienne a franchi le rubicond, bousculant un statuquo fragile, mais ô combien réconfortant pour les frêles républiques et monarchies régionales. Des combattants armés d’une foi inébranlable en leurs idéaux, Yassine sur l’épaule, une prière entre les lèvres et le serment de martyr écrit en lettre de sang. Ils ont créé un nouveau concept, celui de la distance zéro où le guerrier pose le baiser de la mort sur la bête en acier avant de l’envoyer valser dans le ciel incandescent de Ghaza.
Douze mois. L’avènement du 7 Octobre a fait tomber les masques longtemps accrochés sur les façades de l’hypocrisie occidentale et de la compromission arabe. La statue de la liberté a alors montré son hideux visage, celui du cynisme, et la balance de la justice a penché du côté des assassins de civils. Dollars, bombes, renseignements, Biden s’est endetté sur le dos de son peuple pour satisfaire les ordres des véritables maîtres de l’Amérique. Les enturbannés du désert ont sorti les chèques et les couteaux, entre les dents, ont rampé derrière les lignes pour poignarder la Résistance. Pantalons baissés, apeurés comme des femmes violées, les dirigeants des pays normalisateurs ont divorcé avec le peu de dignité qui leur restait. Ils ont fini par définitivement remplacer le shemagh par la kippa.
365 jours. Près de 42 mille morts dont la majorité d’enfants et de femmes. Ghaza à 90% détruite, des hôpitaux bombardés, des écoles rasées et des réfugiés pourchassés. La faim, la soif, les maladies, des centaines d’orphelins errants entre les ruines d’une ville fantôme, à la recherche de la caresse d’une mère, courant derrière le sourire d’un père. En face, le mythe de l’armée invincible, la plus morale au monde, a explosé en plein vol. Les voisins ont verrouillé les portes et fermé les fenêtres, lâchant leurs chiens de garde dans les cours. Dans la lointaine Yémen, les loups houthis ont hurlé à la mort des sionistes et de leurs paillassons arabes. Le Liban a pleuré son leader charismatique tout comme les Palestiniens ont enterré le leur. Ailleurs, sur la terre des mécréants, comme ils disent, des centaines de milliers de jambes ont marché pour que cesse le génocide.
31,536 millions de secondes. Si les hommes s’en vont, la Cause, elle, résiste seule face au son des trompettes de Jéricho sonnées par les alliés de l’Apocalypse. Le monde libre a armé les mains des assassins, condamnant un peuple qui lutte pour recouvrer sa terre. Le 7 Octobre a redistribué les cartes : une paire de 2 pour les pleutres qui crachent sur les missiles en route vers la riposte ; une suite pour l’axe du mal, à sa tête les USA, et s’accrochant à la queue, ses vassaux européens ; un carré d’as pour le nouvel Hitler du 21e siècle qui entraîne dans sa folie sanguinaire le monde vers son terme. Puis au bout de la table, la main gagnante : une quinte flush royale de la Résistance. De toutes les Résistances.

 

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