Sahara occidental, Palestine, Sahel, UE…: Attaf rappelle les fondamentaux de la diplomatie algérienne

Le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ahmed Attaf, a souligné, lors de la célébration de la Journée nationale de la diplomatie algérienne, l’importance du rôle de la diplomatie dans l’établissement de la sécurité et de la stabilité en Afrique et dans le monde. Cette journée a également marqué le retour actif de l’Algérie sur la scène internationale depuis la réélection du président Abdelmadjid Tebboune.
La cérémonie s’est tenue à Alger, sous le thème « Des positions constantes dans la consolidation des valeurs de paix et des vertus de la coopération internationale » en présence de représentants d’institutions nationales, de chefs de missions diplomatiques et d’organisations internationales.
Dans son allocution, le ministre a exprimé sa fierté pour l’héritage historique de la diplomatie algérienne, qui renforce son rôle positif sur la scène internationale. Il a décrit cette journée comme un moment où le drapeau national a été hissé fièrement à l’ONU, symbolisant le retour glorieux de l’Algérie en tant que pays souverain. M. Attaf a rappelé que la Révolution algérienne avait inspiré le monde et fait du pays un symbole de lutte contre le colonialisme. Il a insisté sur le fait que l’Algérie a toujours œuvré pour promouvoir les objectifs nobles consacrés par la Charte des Nations Unies.
Le ministre a souligné que la coïncidence entre cette journée et l’adhésion de l’Algérie à l’ONU n’est pas un hasard, mais témoigne d’une relation exceptionnelle avec cette organisation. Il a évoqué les étapes clés de la diplomatie algérienne, notamment son soutien aux causes palestinienne et sahraouie.
Le chef de la diplomatie algérienne a exprimé, dans son intervention, sa conviction que l’ONU doit assumer ses responsabilités concernant la cause du Sahara Occidental, qualifiée de « question de décolonisation », affirmant que les décisions récentes de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) « ont anéanti les tentatives désespérées visant à enterrer les fondements de cette cause pour imposer un fait accompli colonial ». M. Attaf a rappelé que ces décisions confirment des faits reconnus par la Cour Internationale de Justice (CIJ) depuis près de 50 ans : la cause sahraouie est une question de décolonisation et le peuple sahraoui a le droit inaliénable à l’autodétermination. Il a rejeté le concept d’autonomie comme base d’une solution, affirmant qu’il contredit le droit à l’autodétermination.
Les mises en garde d’Alger
Le ministre a également insisté sur le fait que le règlement définitif du conflit ne peut se faire que par des négociations directes entre le Front Polisario, représentant légal du peuple sahraoui, et le Royaume du Maroc, en tant que puissance occupante.
M. Attaf a, par ailleurs, critiqué les réactions des États membres de l’UE face aux décisions de la CJUE, qui tentent de convaincre que les accords commerciaux priment sur les droits du peuple sahraoui. Il a souligné que bien que les contrats doivent être respectés (« Pacta Sunt Servanda »), l’UE semble privilégier des intérêts stratégiques avec le Maroc au détriment des droits fondamentaux.
Concernant la Palestine, le MAE a réaffirmé que la défense de la Cause est une priorité absolue pour l’Algérie au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies. M. Attaf a souligné que le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, avait donné des instructions claires pour qu’elle soit au cœur des actions algériennes depuis le début de son mandat au Conseil de sécurité. Il a également insisté sur la nécessité pour le Conseil et l’Assemblée générale de l’ONU d’assumer leurs responsabilités envers le peuple palestinien et les pays en proie aux agressions sionistes.
Le ministre a ainsi déploré que la guerre d’extermination subie par le peuple palestinien à Ghaza ait marqué son premier anniversaire, tout en dénonçant l’incapacité de la communauté internationale à rendre justice à ce peuple opprimé. Il a averti que cette situation ne fait qu’aggraver la guerre génocidaire et son expansion en Cisjordanie, dans un contexte d’escalade sioniste qui touche également d’autres pays de la région, tels que la Syrie, le Liban, le Yémen et l’Iran. Par ailleurs, M. Attaf a mis en garde contre l’arrogance et la tyrannie de l’occupant israélien, qui poursuit ses crimes en toute impunité. Il a appelé à une mobilisation internationale pour faire face à cette situation alarmante et protéger les droits du peuple palestinien.
M. Attaf a souligné, en outre, que face aux défis sécuritaires, politiques, de développement et environnementaux persistants dans la région du Sahel, l’Algérie ne restera pas passive. Il a déclaré à ce sujet que « l’Algérie ne se tiendra pas à l’écart et ne ménagera aucun effort pour influencer positivement l’évolution de la situation dans son voisinage ». Il a insisté sur le fait que l’Algérie sera toujours un soutien pour ses voisins sahéliens, affirmant son engagement envers leur indépendance, souveraineté et intégrité territoriale.
Partenariat « équilibré » et « bénéfique »
M. Attaf a également mis en garde contre les tentatives de semer la discorde entre les pays de la région, affirmant que les liens profonds unissant l’Algérie aux nations sahéliennes sont trop ancrés pour être affectés par de telles manœuvres.
Concernant le continent africain dans son ensemble, M. Attaf a exprimé la volonté de l’Algérie de miser sur une action collective pour relever les défis actuels. Il a souligné que cette coopération est essentielle pour faire face aux enjeux auxquels le continent est confronté.
Concernant ses relations avec l’Europe, le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, a indiqué que l’Algérie poursuivait ses efforts pour établir un partenariat « équilibré » et « bénéfique » avec son voisinage méditerranéen et l’Union Européenne (UE). Il a souligné que ce partenariat doit respecter le principe d’équilibre des intérêts des deux parties, en insistant sur l’importance de soutenir le développement économique de l’Algérie sans aucune restriction ni condition. Le ministre a également précisé que ce partenariat devrait dépasser la simple logique du profit commercial immédiat pour s’inscrire dans une approche stratégique axée sur le développement durable.
M. Attaf a rappelé les propos récents du président Abdelmadjid Tebboune, qui a annoncé une révision de l’accord d’association avec l’UE qui se fera dans un climat de confiance et de compréhension, visant à adapter l’accord à la nouvelle réalité économique de l’Algérie et à en faire un outil efficace pour atteindre le développement durable.
Le ministre a assuré que la diplomatie algérienne continuera de renforcer ses relations avec les pays frères, amis et partenaires, unissant ses efforts pour relever les défis majeurs auxquels la communauté internationale est confrontée.
R.N
