Harga et trafic de stupéfiants: Dix ans de prison pour les accusés
Le tribunal criminel d’Oran a condamné R. Belkheir, âgé 34 ans, et Ch. Bachir, 37 ans, à dix ans de prison pour organisation de sortie illégale du territoire en bande organisée, et pour détention, importation et de commercialisation de psychotropes.
C’est sur la base d’informations, parvenues à l’automne 2023, aux services de sécurité concernant un groupe d’organisateurs de traversées clandestines par mer et qui importaient des psychotropes lors de ces voyages, qu’une enquête a été ouverte. Les noms de ces deux individus, déjà cités dans d’autres affaires similaires, ont été mis sous surveillance. Le 18 septembre 2023, les suspects ont été appréhendés après qu’un navire battant pavillon comorien les a repêchés en haute mer, non loin des côtes d’Oran, les sauvant d’une mort certaine. Conformément à la loi, ils ont été remis aux services de sécurité territorialement compétents qui ont vite fait de les identifier.
Interrogés, ils expliqueront qu’ils avaient émigré clandestinement en Espagne depuis plus d’un an. N’ayant pas trouvé de travail, ils ont décidé de rentrer en Algérie par leurs propres moyens. Ils ont précisé que, se trouvant dans la ville côtière d’Almería, ils se sont mis à surveiller les allées et venues des embarcations. Ils ont repéré un bateau de plaisance qu’ils ont volé pour traverser la Méditerranée en direction de l’Ouest algérien.
Après instruction, ils seront inculpés et poursuivis pour les chefs d’accusations cités plus haut.
Cités, lundi dernier, à la barre du tribunal criminel, les deux prévenus ont rejeté les accusations retenues contre eux, expliquant que leur seule intention, après avoir passé plus d’un an en Espagne, était de retourner au pays. Toutefois, les questions du président de l’audience les ont amenés à faire des déclarations contradictoires. «Si vous êtes de simples harraga, comment avez-vous pu naviguer à bord de cette embarcation ?» demandera le président d’audience en soulignant qu’ils avaient déjà fait des aveux.
«Votre honneur, nous avons reconnu ces faits sous la contrainte. Quant au trafic d’ecstasy dont on nous accuse, aucun comprimé n’a été trouvé en notre possession, même après la perquisition effectuée à notre domicile». Dans son réquisitoire, le représentant du ministère public a insisté sur la gravité des faits et requis vingt années de réclusion criminelle.
La défense des prévenus a plaidé la non-culpabilité de ses mandants, précisant que toute cette affaire n’était bâtie que sur des informations, aucun élément de preuve tangible n’ayant été introduite dans le dossier d’accusation.
Zemmouri L.
