Un guide en milieu scolaire: L’obésité, ce problème de poids

L’obésité est un gros problème de santé publique. Pour enrayer la tendance au surpoids, un fléau qui réduit l’espérance de vie, le ministère de la Santé estime que la prévention est le meilleur moyen. Les professionnels de la santé ont désormais à leur disposition un guide contenant des orientations administratives et techniques visant à lutter contre le surpoids et l’obésité en milieu scolaire. C’est ce qu’a annoncé, ce mardi, le département de Saihi dans un communiqué.
Dans ce guide, figure une allocution du ministre de la Santé dans laquelle, il a souligné « l’importance cruciale accordée par le ministère au syndrome du surpoids et de l’obésité chez les enfants et les adolescents, insistant sur le principe de la prévention », qualifiée de « facteur essentiel ». M. Saihi a affiché son soutien entier à cette démarche menée en collaboration avec différents partenaires dont les professionnels de la santé et la société civile.
Le guide comporte « un ensemble de critères et de mesures à mettre en œuvre en milieu scolaire par le médecin scolaire, vu que c’est le lieu adéquat pour sensibiliser et informer sur les risques que représentent le surpoids et l’obésité pour la santé des enfants et des adolescents, étant donné qu’ils y passent la majeure partie de leur temps ». Le guide évoque également « la nécessité d’intégrer dans les programmes scolaires les bonnes conduites à ce sujet, notamment en adoptant une alimentation équilibrée et en pratiquant une activité sportive adaptée et régulière, tout en assurant un accompagnement psychologique pour les enfants souffrant d’obésité, avec la contribution de leurs familles ».
Dans son allocution à l’ouverture des travaux d’une journée consacrée au lancement du guide de prise en charge de l’obésité, le ministre de la Santé, a affirmé en février dernier, que « le gouvernement s’emploie à renforcer la lutte contre l’obésité » à travers la mise en place prochainement d’une série de mesures réglementaires visant à limiter l’alimentation anarchique et à « définir les responsabilités » des secteurs concernés par ce phénomène, tels que l’agriculture, le commerce, l’industrie et l’éducation.
Un fléau en expansion
En sa qualité de président d’honneur de l’Association algérienne de lutte contre l’obésité et maladies métaboliques, M. Saihi a appelé à « œuvrer d’arrache pied à formuler un texte de loi fixant les responsabilités compte tenu de la recrudescence du phénomène d’obésité à l’origine de plusieurs maladies telles que le diabète, la tension artérielle et le cancer ».
En novembre 2023, et selon les données avancées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : «30 % de femmes, 14 % d’hommes et environ 10 % d’enfants souffrent d’obésité en Algérie ». Une réalité qui a incité le ministère de la Santé, à annoncer le lancement imminent d’un Plan national de lutte contre ce phénomène croissant.
Ainsi, et dans le cadre du deuxième Congrès international de la Société algérienne d’obésité et maladies (SAOMM), le ministre de la Santé, M. Abdelhak Saïhi a souligné l’urgence de combattre ce fléau par le biais d’une approche exhaustive axée sur la prévention et la sensibilisation.
« La lutte contre ce phénomène exige une approche globale qui inclut l’éducation nutritionnelle, la promotion de l’activité physique et la sensibilisation du public, ainsi que le lancement d’un plan national de lutte contre l’obésité », a déclaré M. Saïhi, en soulignant cinq axes majeurs pour contrer cette problématique.
Il a mis l’accent sur la nécessité de favoriser la production d’aliments sains, de promouvoir l’exercice physique et de cultiver des habitudes alimentaires équilibrées pour prévenir ce phénomène dont les chiffres sont en constante augmentation.
Les résultats des campagnes de dépistage pratiquées lors de la « 1e Semaine nationale de prévention» ont également révélé une augmentation significative de l’obésité, en particulier chez des personnes âgées de 0 à 49 ans et dont les femmes représentent la majorité, justifiant ainsi l’urgence de traiter cette condition définie comme une « augmentation excessive de la quantité de graisse corporelle ».
Les résultats d’une étude menée par l’OMS à Tébessa, offrent un aperçu de la situation locale concernant le surpoids et l’obésité chez les enfants. Cependant, il est important de placer cette problématique dans le contexte mondial de l’obésité, qui est devenu un défi de santé publique majeur à l’échelle internationale.
Le cas de Tébessa
Les données recueillies dans l’étude locale montrent que le surpoids et l’obésité touchent une proportion non négligeable d’enfants à Tébessa, mais les taux restent inférieurs à ceux observés dans de nombreux pays développés. Cependant, il est essentiel de se rappeler que l’obésité est devenue un problème de santé publique mondiale, touchant les pays développés et en développement, ainsi que les populations de tous âges.
Par ailleurs, le groupe de recherche en anthropologie de la santé (GRAS) dépendant de l’université Oran 2, a organisé récemment, une conférence intitulée «la prise en charge de l’obésité, expérience du service de médecine interne -diabétologie de l’EHU d’Oran», qui a été présentée par Dr Djamila Tefia, médecin généraliste à l’EHU d’Oran et chercheure associée membre de l’équipe Alimentation, santé et société au GRAS. «L’obésité est reconnue comme une maladie chronique par l’Organisation mondiale de la santé. La progression exponentielle de sa prévalence et des comorbidités associées est un enjeu majeur de santé publique», est-il expliqué dans le résumé de cette conférence. «Cette pathologie chronique a plusieurs facteurs étiologiques: alimentaires, psychologiques, activité physique, influences sociétales et environnementales, et nécessite une prise en charge globale multidisciplinaire», est-il précisé. «Dans l’obésité sévère, la prise en charge médicale devient inefficace à long terme, la prise en charge chirurgicale devient alors nécessaire. Seuls les patients présentant une obésité sévère ou morbide sont éligibles pour cette chirurgie», est-il souligné. «Les patients sont préparés à la chirurgie bariatrique pendant une année. Cette période, qui peut paraître longue, est nécessaire, d’une part, pour réaliser un bilan des différentes comorbidités et d’autre part pour informer et éduquer le patient sur la chirurgie elle-même (ses bénéfices, les objectifs attendus, les complications) et sur la nécessité d’un suivi régulier à vie. Selon les spécialistes, la prévention est le meilleur moyen contre l’obésité. Le monde va faire face à une véritable épidémie d’obésité d’ici à 2030, met en garde l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans des projections diffusées récemment. Plus un individu est en surpoids jeune, plus le retentissement sur sa santé sera important.
G. Salima
