Greffe d’organes : Nouveaux programmes à l’EHU

A l’occasion de la cinquième rencontre internationale sur les «Éthiques et pratiques du don d’organes », qui s’est tenu lundi à l’EHU d’Oran, Rabah Bar, Directeur général de l’hôpital, a révélé des projets ambitieux destinés à répondre aux besoins croissants de transplantation en Algérie.
Il a annoncé l’établissement d’un programme annuel de greffe de rein de donneur vivant, visant à réaliser trois transplantations par semaine, pour un total de 1.500 greffes par an. Ce programme s’inscrit dans la politique nationale d’amélioration de la disponibilité des greffons et de réduction des délais d’attente, assurant ainsi une prise en charge rapide et accessible pour les patients en attente de greffe rénale. Ce programme est également en accord avec la stratégie de santé nationale pour lutter contre les maladies chroniques.
Par ailleurs, le service a récemment réussi à effectuer des greffes de cellules souches sur trois enfants âgés de 6 à 13 ans, atteints de thalassémie et d’anémie falciforme, avec des greffons provenant de donneurs familiaux. Ces interventions représentent une avancée majeure et seront intégrées dans les développements futurs du service.
L’établissement projette également de reprendre les greffes de foie, suspendues durant la pandémie de COVID-19, tout en intégrant l’expertise de spécialistes internationaux et en valorisant les compétences médicales algériennes, qui continuent de briller dans le domaine des transplantations d’organes.
M. Bara, en outre, précisé qu’une opération de transfert de cellules souches a été effectuée pour la première fois à l’échelle nationale. Ce transfert, impliquant deux personnes envoyées de l’Algérie vers la France pour le bénéfice de patients d’une même famille, a été facilité par une coordination efficace avec la direction des Douanes et la Police des frontières, permettant de surmonter les défis liés aux déplacements des donneurs à l’étranger. Ce transfert simplifie ainsi les procédures de greffe pour les Algériens vivant à l’étranger, tout en réduisant les frais associés aux voyages. M. Bar a également mis en avant l’importance des campagnes de sensibilisation menées avec le soutien d’imams et de personnalités religieuses pour encourager le don d’organes post-mortem, qui peut sauver jusqu’à cinq vies.
En parallèle, le Professeur Nabil Yafour, chef du service des maladies hématologiques, a présenté un projet innovant d’unité pédiatrique dédiée au traitement des leucémies chez les jeunes âgés de 13 à 25 ans, une première dans le pays. Le professeur Yafour a également rappelé que son service a réalisé 1.165 greffes de cellules souches depuis 2009, un chiffre qui témoigne de l’expertise développée dans ce domaine. De plus, une unité de cryoconservation des cellules souches, respectant les normes internationales, est en projet pour garantir une conservation optimale des greffons et améliorer ainsi les perspectives de traitement pour les patients nécessitant des greffes.
Le congrès de deux jours a rassemblé plus de 350 participants, incluant des experts nationaux et internationaux de Jordanie, de Palestine, de Mauritanie, de Guinée et de France, ainsi que des professionnels algériens de tout le pays.
Ils ont échangé sur les pratiques de greffe d’organes et travaillé à la levée des barrières culturelles qui les entourent. Le programme du congrès a couvert une variété de thèmes : l’éthique du don d’organes, la récolte d’organes en urgence, les aspects légaux de la transplantation, ainsi que le rôle crucial du pharmacien dans la gestion des greffes. Le second jour a été consacré aux avancées technologiques, comme la greffe de cœur au laser, les greffes hépatiques et les techniques de chirurgie microvasculaire pour le traitement du pied diabétique.
Fayçal A.
