Accès humanitaire à l’UNRWA: A La Haye, Alger élève la voix pour Ghaza
Lors des audiences publiques tenues ce mardi à la Cour internationale de Justice (CIJ) à La Haye, l’Algérie a lancé un appel ferme en faveur de l’accès humanitaire dans les territoires palestiniens occupés, en particulier à Ghaza, théâtre selon elle de « l’un des pires échecs humanitaires de notre génération ».
Intervenant au nom de l’Algérie, l’experte en droits de l’Homme et vice-présidente de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, Me Maya Sahli Fadel, a exigé que l’entité sioniste – désignée comme puissance occupante – respecte ses obligations internationales en permettant à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) d’opérer librement.
Me Sahli Fadel a souligné que l’interdiction imposée à l’UNRWA constituait une atteinte directe au droit à l’autodétermination du peuple palestinien et une stratégie visant à « détruire le présent et l’avenir » de ce peuple. Selon elle, empêcher l’aide humanitaire de parvenir à Ghaza équivaut à une «arme de guerre » utilisée contre une population entière. « Chaque personne vivant dans l’enclave palestinienne dépend de l’aide pour survivre », a-t-elle affirmé, dénonçant un blocus délibéré imposé par l’occupant israélien.
Elle a par ailleurs évoqué le massacre de 15 secouristes palestiniens, retrouvés dans une fosse commune, qui a provoqué une vague d’indignation internationale. L’avocate a accusé la communauté internationale d’inaction, regrettant un « désengagement moral » face à la crise humanitaire à Gaza, malgré les appels répétés de l’ONU et d’organisations humanitaires.
Prenant également la parole, l’experte algérienne en droit international et membre de la Commission de l’Union africaine sur le droit international, Samia Bourouba, a dénoncé l’illégalité des lois israéliennes adoptées en octobre 2024 visant à interdire les activités de l’UNRWA dans les territoires palestiniens. Ces mesures, selon elle, traduisent un mépris flagrant des engagements internationaux d’Israël. Elle a conclu en réaffirmant la position de l’Algérie : l’entité sioniste viole ses obligations juridiques en tant que membre des Nations unies et puissance occupante, en entravant l’acheminement de l’aide humanitaire et en aggravant la détresse sociale et économique du peuple palestinien.
T.F
