Accusé d’inceste : Un père de famille acquitté

Jugé et acquitté en première instance par le tribunal criminel, un père de famille a dû comparaître à nouveau devant le tribunal criminel d’appel de la Cour d’Oran, suite au recours introduit par le parquet. Au terme des délibérations, les magistrats ont finalement confirmé le premier verdict.
L’affaire avait éclaté à la suite d’une plainte déposée par l’épouse du mis en cause, accusant ce dernier d’attouchements sexuels sur leurs enfants en bas âge, un garçon et une fille alors âgés de 6 et 4 ans. Des accusations que Ch.A., a toujours farouchement niées, affirmant que sa femme souffrait de troubles psychiatriques et qu’elle avait d’ailleurs fait l’objet d’une hospitalisation à l’établissement spécialisé de Sidi Chahmi. Pourtant, l’expertise médicale menée à l’époque avait bel et bien confirmé que les deux enfants présentaient des signes d’attouchements, sans pour autant pouvoir identifier formellement l’auteur des faits.
À la barre du tribunal criminel d’appel, le prévenu a maintenu sa ligne de défense, accusant son épouse d’avoir manipulé les enfants pour le nuire. « Ses troubles psychiatriques ont débuté après la naissance de notre dernier enfant, c’est cela qui l’a poussée à m’accuser à tort. Votre Honneur, je n’aurais jamais pu commettre une telle atrocité », a-t-il lancé à la Cour. La présidente de l’audience l’a alors confronté aux contradictions du dossier : « Le médecin est formel sur l’état des enfants. De plus, vous affirmez vous-même qu’ils ne sortaient jamais seuls. Comment expliquez-vous ce rapport médical ? » Ce à quoi l’accusé a rétorqué : « Je l’ignore, Votre Honneur, mais je n’ai jamais touché à mes enfants. »
Aujourd’hui âgés de 12 et 14 ans, les deux enfants, entendus par la Cour, ont totalement innocenté leur père, affirmant que c’était leur mère qui leur avait dicté leurs premières accusations. Face à ce revirement, la présidente a rappelé qu’ils avaient pourtant décrit en détail les abus subis devant l’association de protection de l’enfance. Une remarque qui a plongé les enfants dans un mutisme complet.
Estimant les faits d’une extrême gravité, le représentant du ministère public a requis sept ans de prison ferme à l’encontre du père, tandis que la défense a plaidé la relaxe de son client.
Zemmouri L.

Bouton retour en haut de la page